Carrières
16:07 21 janvier 2015 | mise à jour le: 21 janvier 2015 à 16:07 temps de lecture: 4 minutes

Travailler gratuitement, c’est pour qui?

Travailler gratuitement, c’est pour qui?
Photo: Métro

En début de carrière, travailler gratuitement peut porter ses fruits de façon inespérée. Pour acquérir de l’expérience, pour se faire connaître du milieu… L’idée n’est pas de faire un stage non rémunéré, mais bien d’offrir du temps à un employeur afin de consolider nos bases.

Des avantages non négligeables
Quand on commence dans certains milieux et qu’on peine à trouver un emploi, nombreux sont les gens qui nous suggèrent de proposer nos services gratuitement. Les «tu pourras te créer un portfolio» ou les «tu acquerras ainsi des nouvelles compétences et de l’expérience» sont autant d’arguments qui peuvent sembler convaincants. Mais le travail gratuit est-il si avantageux?

Pour le client ou l’employeur potentiel, se voir offrir les services d’un employé gratuitement réduit le risque financier qu’il aurait pris en vous engageant. De plus, si vous travaillez à distance, vous réduirez également son risque de perdre du temps, notamment en vous formant, explique dans son blogue Caro Hardy, designer web et consultante pigiste. Et si vous n’êtes pas sur place, votre client potentiel risque de vous oublier un tant soit peu et ses attentes ne seront donc pas élevées à votre égard. Il sera donc facile de l’épater et de démontrer votre motivation du même coup. Un avantage qu’il faut bien comprendre, et surtout, une occasion à saisir.

Travailler gratuitement suppose aussi de passer par un moyen non traditionnel d’embauche. Vous n’aurez donc pas à vous mesurer à d’autres candidats en envoyant votre CV et en passant la traditionnelle entrevue d’embauche. Vous proposerez un projet. Un moyen donc, d’utiliser vos forces, en choisissant un projet où elles seront mises en valeur. Si vous offrez vos services gratuitement, c’est très souvent parce que vous êtes conscient que vous ne passeriez pas sinon. Il faut donc faire jouer ses atouts.

Offrir vos services sans être payé vous permettra aussi de vous bâtir un réseau de contacts professionnels, un portfolio si c’est nécessaire dans le milieu où vous souhaitez évoluer, d’acquérir de l’expérience et de nouvelles compétences et de rencontrer des personnes susceptibles de vous recommander. Mais tout n’est pas rose…

Pas que des avantages…
«Si tu es bon dans un domaine, ne le fais jamais gratuitement» disait le Joker dans The Dark Knight. Travailler gratuitement peut engendrer de la frustration, surtout si les attentes de votre client ne sont pas trop élevées et qu’il vous le fait savoir. C’est pourquoi il est important de fixer des balises dès le départ, en expliquant que vous voudriez bien être payé au bout d’un certain moment. À vous de déterminer combien de temps vous pouvez travailler gratuitement. La clé est de ne pas trop étirer la sauce.

De plus, si votre projet vous prend trop de temps, vous ne pourrez pas avoir d’«emploi alimentaire», qui vous permettra de payer vos factures. C’est pourquoi Caro Hardy suggère de travailler à distance, ce qui permet plus de flexibilité quant à l’horaire et de pouvoir travailler à mi-temps. Et, souligne-t-elle, «lorsque quelqu’un accepte que vous fassiez quelque chose de façon gratuite pour lui, cela ne signifie pas forcément qu’il accepterait de vous payer pour ce service».

Travailler gratuitement ≠ stage non rémunéré
Le travail gratis n’est pas un stage non rémunéré. Un stagiaire est souvent embauché de la manière classique, en envoyant son CV, en passant une entrevue ou un petit test. Il est facilement remplaçable pour l’employeur et fait souvent des tâches sans intérêt. Quelqu’un qui offre gratuitement ses services choisit lui-même le projet, le propose et surtout, est utile. C’est la clé quand on veut travailler gratuitement.

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