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17:37 6 octobre 2015 | mise à jour le: 6 octobre 2015 à 17:37 temps de lecture: 3 minutes

Utile, le deuxième diplôme?

Utile, le deuxième diplôme?
Photo: Métro

Vous ne devriez pas entamer une deuxième formation, à moins d’avoir un objectif précis d’acquisition de compétences.

Près d’un diplômé universitaire sur quatre a déclaré être retourné aux études et avoir obtenu un autre certificat ou diplôme de niveau collégial ou universitaire, selon des données de Statistique Canada datant de mars 2014.

Il y a donc beaucoup de diplômés qui décident de continuer leur formation et, contrairement à ce que certains croient, il ne s’agit pas toujours de professionnels en milieu de carrière. Au contraire, ce sont souvent de très jeunes diplômés. Dans nos cégeps, les jeunes de 20 à 29 ans forment la clientèle la plus importante en formation continue. Bien qu’on ignore combien de ces jeunes possèdent déjà un diplôme universitaire, une recherche récente menée en Ontario indique que c’était le cas de 12% des nouveaux admis dans les collèges de cette province. Les intervenants rencontrent d’ailleurs fréquemment des jeunes diplômés de l’université qui retournent au cégep pour suivre une formation plus pratique.

Est-ce une bonne idée de retourner ainsi sur les bancs de l’école pour acquérir un second diplôme? Toujours selon Statistique Canada, il semble que oui, bien que l’avantage que fournit un deuxième diplôme sur le marché du travail soit assez faible. Alors qu’au Canada, en 2014, le pourcentage de diplômés universitaires qui occupent un emploi est de 73,7%, ce pourcentage passe à 77% chez les diplômés qui détiennent un deuxième diplôme. De plus, 70% de ceux qui avaient complété une deuxième formation gagnaient 800$ par semaine ou plus, alors que c’était le cas de 67% de ceux qui n’avaient qu’un diplôme.

Comme ces chiffres semblent l’indiquer, suivre une deuxième formation est justifié dans bien des cas. Le cas le plus commun est celui d’un changement de responsabilités à la suite d’une promotion ou de l’évolution des exigences. On pense, par exemple, aux ingénieurs qui doivent assumer la gestion de projets de plus en plus complexes ou aux informaticiens qui doivent se familiariser avec une nouvelle techno­logie. Les certificats universitaires ont d’ailleurs été créés pour répondre à ce type de besoins, soit l’acquisition de nouvelles compétences en cours de carrière.

Par ailleurs, certains diplômés universitaires abandonnent le projet de trouver un emploi dans leur domaine, après de nombreuses démarches infructueuses. Ils chercheront alors à compléter une formation courte pour compenser leur manque de qualifications. Les attestations d’études collégiales (AEC) répondent généralement bien à ce besoin et leur permettront de se préparer à occuper un type d’emploi précis.

Pour certains diplômés, néanmoins, s’inscrire à une autre formation n’est pas une bonne idée. Devant la difficulté de trouver un emploi, certains jeunes décident de se réfugier dans une deuxième formation, mal choisie, qui n’augmentera en rien leurs possibilités d’emploi. Ils retournent donc aux études en croyant que le simple cumul des diplômes finira bien par «donner quelque chose». Une expérience de travail quelconque, même si elle n’est pas liée au domaine d’études, s’avérera alors préférable au fait de languir en formation.

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