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Méditer pour mieux apprendre

girl on meditation in the morning park Photo: Getty Images/iStockphoto

Entre la leçon de mathématiques et la présentation orale, pourquoi ne pas introduire une séance de méditation?

Laurence Mercier, enseignante de méditation et conférencière, parle des bienfaits de cette pratique pour les élèves, alors que des écoles et des professeurs de l’ouest du Canada, et quelques-uns plus près de chez nous, commencent à intégrer la méditation en classe.

La méditation est de plus en plus en vogue chez les adultes. Sentez-vous le même engouement chez les jeunes?
Je pense que la vague est un peu derrière pour les jeunes. Il y a beaucoup d’évidences scientifiques au sujet des bienfaits de la méditation pour les adultes. Quand quelqu’un me dit : «Je ne sais pas si je crois en la méditation», je réponds qu’avec toutes les études qui ont été faites sur le sujet, on n’en est plus à croire ou non à la méditation, mais plutôt à trouver quels bienfaits peuvent être profitables pour soi. Il y a par contre moins d’articles scientifiques consacrés aux enfants. Mais je sens un intérêt. Je reçois beaucoup d’appels d’enseignants et de directeurs d’école.

En quoi la méditation peut-elle favoriser l’apprentissage?
Pour des enfants qui n’ont pas de défis particuliers, la méditation aide à être plus attentif, moins stressé, moins anxieux. Ça rend aussi les classes plus harmonieuses. On note aussi une amélioration des compétences sociales et émotionnelles. Pour les enfants qui ont des défis particuliers, comme de l’anxiété, des troubles d’apprentissage ou de comportement, les effets sont encore plus marqués. On observe une grande amélioration de la performance scolaire et du comportement, une diminution de l’agressivité et des comportements oppositionnels. Un cerveau stressé ne fonctionne pas de façon optimale. Il est alors plus difficile de faire de nouveaux apprentissages. Certaines techniques de méditation permettent aussi de faire une sélection parmi les stimulis environnants pour se concentrer uniquement sur la voix de son professeur.

«Pour des enfants qui n’ont pas de défis particuliers, la méditation aide à être plus attentif, moins stressé, moins anxieux. Ça rend aussi les classes plus harmonieuses.» – Laurence Mercier, qui a complété un Ph. D. en ingénierie avant de s’intéresser à la méditation.

Les techniques de méditation enseignées aux petits sont-elles les mêmes que celles utilisées par les adultes?
De façon générale, oui, mais c’est plutôt le temps de méditation qui est différent. Pour les adultes, on commence généralement avec une séance de 8 à 12 minutes par jour. Avec les enfants, on propose plutôt trois séances de trois minutes par jour. Une séance en arrivant à l’école, une après le dîner et une en repartant de la classe, par exemple, et d’en prévoir dans les moments plus intenses, comme avant une présentation orale ou 
un examen.

La méditation s’est implantée dans quelques classes en Colombie-Britannique, où vous avez d’ailleurs donné une formation à 300 enseignants. La médiation fait-elle aussi son entrée dans les écoles québécoises?
Au Québec, ça commence à peine. C’est plus développé dans le monde anglophone parce que les formations sont d’abord offertes en anglais. Cela dit, je sens un intérêt grandissant ici. Je viens, par exemple, de terminer une formation pour les 30 enseignants de l’école Jacques-Ouellette, à Longueuil. C’est une école de non-voyants, et l’anxiété est très répandue chez les élèves. J’ai aussi donné une formation à un groupe d’enseignants de Magog, qui ont décidé de payer de leur poche pour s’outiller. Comme je dis aux enseignants : un prof qui ne fait pas lui-même de la méditation, qui ne partage pas les valeurs, qui a une attention dispersée ou qui ne gère pas bien sons stress et ses émotions aura beaucoup plus de difficulté à amener tout ça dans sa classe.

Donner l’exemple pour le bien-être des enfants

Selon Laurence Mercier, avant même d’initier les enfants à la méditation, ce qui leur fera le plus grand bien est… des adultes qui méditent. «Dans 100 % des cas, les enseignants que je rencontre me disent que les parents des enfants anxieux le sont aussi, explique l’enseignante de méditation. Le plus grand bien qu’on puisse faire à ses enfants, c’est de leur donner un environnement sain, d’apprendre à gérer son stress d’abord pour ne pas le leur transmettre.» Alors que les adultes apprennent souvent à méditer pour développer leur pleine conscience et vivre dans le moment présent, les enfants apprennent quant à eux à reconnaître et à gérer leurs émotions et à faire face au stress, qui est souvent introduit dans leur vie par les adultes qui les entourent.

En librairie
Voici quelques outils intéressants pour les parents et les enseignants.
•    Calme et attentif comme une grenouille, d’Éline Snel (Livre et CD, et exercices disponibles sur YouTube)
•    As-tu rempli un saut aujourd’hui? Le bonheur quotidien expliqué aux enfants, de Carol McCloud
•    Mathéo et le nuage noir, de Manon Jean
•    Ajuster la météo intérieure des enfants, guide pratique pour favoriser la relaxation à la garderie, à l’école et à la maison,de Manon Jean

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