Culture

Le royaume de Wes Anderson

Ned Ehrbar - Metro World News

Le réalisateur Wes Anderson présente ce qu’il fait de mieux dans Moonrise Kingdom.

Wes Anderson aime les personnes en marge. Ça tombe bien, les cinéphiles aussi. Son plus récent film, Moonrise Kingdom, est une fois de plus l’occasion d’explorer des personnages tristes et étranges qui se battent pour arriver à leurs fins. «Je suis toujours fasciné par ce genre de personne, je suis attiré par ce genre d’histoire, explique le réalisateur. Pour moi, ce film est à propos d’une meute de louveteaux solitaires.»

Parmi la bande se trouvent deux jeunes fugueurs (Jared Gilman et Kara Hayward) qui explorent leur amour précoce sur une île de la Nouvelle-Angleterre, en 1965. À leurs trousses, on trouve les parents de la jeune fille (Bill Murray et Frances McDormand), le chef scout du garçon (Edward Norton) et le shérif du village (Bruce Willis).

Aux yeux d’Anderson, tous ces personnages sont des outsiders. «La fille est très isolée, même au sein de sa famille, et le garçon est orphelin, explique-t-il. Edward Norton s’est dédié à sa troupe de scouts parce qu’il ne semble avoir personne d’autre dans sa vie. C’est pareil avec Bill Murray et Frances McDormand : même s’ils sont ensemble, ils semblent bien seuls.»

Bien que Moonrise Kingdom soit dans la lignée de ses films précédents – surtout The Royal Tenenbaums –, le processus de création n’a pas été nécessairement plus facile pour le réalisateur.

«Ça m’a pris beaucoup de temps pour écrire le film, raconte-t-il. J’ai mis un an à essayer de ficeler le scénario. Je voulais ressentir les sentiments créés par mes propres souvenirs, mais je n’arrivais pas à mettre tout ça en mots. C’est seulement quand Roman [Coppola, le coscénariste] est venu m’aider que tout a déboulé. En un mois, nous avions un scénario génial. Et le film y est très fidèle.»

Depuis le début de sa carrière, Anderson aime bien s’entourer des mêmes têtes – en plus de son acteur fétiche, Bill Murray, un autre habitué des films du réalisateur est de la partie, Jason Schwartzman. Mais Anderson a rarement un acteur en tête quand il crée un personnage. «J’essaie de ne pas penser aux acteurs quand j’écris. Je ne veux pas être influencé, dit-il. Mais dans ce cas, j’avais la majorité de la distribution en tête avant la fin de l’écriture. Le couple Murray-McDormand, par exemple, a été choisi tôt dans le processus.»

Qu’est-ce qui fait que Bill Murray – qui est apparu dans tous les films d’Anderson sauf son premier, Bottle Rocket – soit le chouchou du réalisateur? «Ce que j’aime de Bill, c’est son côté anarchique, avance Anderson, le plus sérieusement du monde. J’aime son esprit sauvage. Il est aussi un de mes acteurs préférés, point à la ligne. Je l’ai rencontré alors que j’étais déjà fan.» Pour le réalisateur, avoir Murray de son côté est aussi salutaire. «Quand tu fais un film, il y a beaucoup d’obstacles. Bill est une personne sur qui on peut compter et qui va forcer les choses pour qu’elles arrivent à terme.»

Moonrise Kingdom
En salle dès vendredi

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