Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Moriarty, Ed Sheeran, Amélie Veille, Orelsan, Jimmy Bowskill Band et Shout Out Out Out Out.
| Épopée western Moriarty The Missing Room (3,5/5) |
Moriarty, c’est un groupe ovni composé de musiciens de tous horizons qui, ensemble, font du country-folk comme s’ils venaient de Nashville. Parsemé d’une touche de blues, leur dernier opus, The Missing Room, s’ouvre sur une succession de pièces impeccables, dont les galopantes I Will Do et Isabella. Le ton change quelque peu par la suite, se fait tantôt plus mélancolique (Roboto Hoshii), tantôt plus urgent et moins réussi (Mah-Jong), mais on apprécie ces harmonies tout en subtilité, rythmées par la contrebasse, bercées par l’harmonica et portées par la voix aérienne de la chanteuse Rosemary. Au Festival de Jazz les 29 et 30 juin.
– Natalia Wysocka
| Prometteur Ed Sheeran + (3/5) |
Ed Sheeran a la cote dans son Angleterre natale. En témoignent le BRIT Award du meilleur artiste masculin solo et celui de découverte de l’année qu’il a remporté. Mais son talent s’exporte bien, puisque son nouvel album ne passe pas inaperçu. Si l’ensemble du disque porte des couleurs pop/folk certains titres sont teintés de sons plus rythmés et plus R’n’B comme You Need Me, I Don’t Need You et où sa voix apaisante contraste agréablement. Pour ceux qui aurait manqué sa tignasse rousse en première partie de Snow Patrol en avril, sachez qu’il sera en concert à l’Olympia le 18 septembre prochain.
– Anicée Lejeune
| Joli Amélie Veille Mon cœur pour te garder (3/5) |
Elles sont toujours aussi jolies, les chansons d’Amélie Veille. La jeune Beauceronne nous emmène encore une fois dans divers univers amoureux, que ce soit celui d’une fille qui sait que son copain aime toujours son ex, ou celui d’une femme qui se remémore son amour d’adolescence avec son professeur. Si l’ensemble est un peu trop lisse, on aime les textes bien ficelés, la lumière qui se dégage de l’ensemble, les arrangements dépouillés… Notre coup de cœur va à la pièce finale, Un pays entre nous, un hommage à Pauline Julien et Gérald Godin, en duo avec Éric Goulet.
– Jessica Émond-Ferrat
| Un peu vide Orelsan Le chant des sirènes (2,5/5) |
Si ses beats sont contagieux, Orelsan, lui, n’a rien d’attachant. Sur son deuxième album, le rappeur français continue de chanter le désabusement d’une génération qui n’en a rien à foutre, lui le premier. Le sexe, les beuveries, la violence… tout y passe. Les comparaisons avec Eminem abondent, mais sont trompeuses. Là où les excès de l’homme de 8 Mile traduisaient aussi une âme aux prises avec ses démons, les frasques vocales d’Orelsan visent surtout la provocation gratuite. Dommage, parce qu’il possède un immense talent. Mais ça aussi, on sait que le personnage Orelsan s’en moque.
– Maxime Huard
| Fade Jimmy Bowskill Band Back Number (2,5/5) |
Le prodigieux bluesman ontarien Jimmy Bowskill, repéré à l’âge de 10 ans et géniteur d’un premier album 2 ans plus tard, revient une 5e fois sur disque avec Back Number. La pochette, visiblement conçue par le beau-frère avec WordArt, donne un indice sur le contenu. Les guitares pesantes et la batterie savamment dosée ne réussissent à compenser la tiédeur générale de l’album. Jimmy Bowskill Band s’éloigne d’un blues raffiné et nuancé pour sauter à pieds joints dans l’arène commerciale et convenue du rock à la Buckcherry. Rien de complètement mauvais, rien de notable non plus. L’indifférence, quoi.
– Charles-Éric Blais-Poulin
| En boucle Shout Out Out Out Out Spanish Moss and Total Loss (2,5/5) |
On aurait beaucoup aimé beaucoup aimer ce nouveau disque du band électro-dance d’Edmonton, Shout Out Out Out Out. Mais les répétitions incessantes, l’usage toujours aussi grand du vocoder et les mélodies plutôt basiques ont malheureusement fini par avoir raison de notre bonne volonté. Les sonorités rétro-kitch sont parfois chouettes (This Isn’t Helping), mais parfois trop présentes, tout comme ces paroles inaudibles (Never the Same Way Twice). L’effort et le cœur y sont, les deux drummers aussi. Reste que le résultat n’est pas aussi attrayant que Reintegration Time. Pourtant, on nous avait promis le contraire.
– Natalia Wysocka
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt