Culture

La folie Katy Perry

Katy Perry présente le vidéoclip de la chanson Wide Awake.

Que vous soyez ou non fan de Katy Perry, il vous sera difficile d’éviter la belle Californienne par les temps qui courent. Non contente d’avoir fracassé tous les records avec son album Teenage Dream (six extraits du disque ont atteint le numéro 1 du palmarès Billboard, un exploit inédit pour une chanteuse), elle en a remis une couche, relançant l’album sous le titre Teenage Dream : The Complete Confection, sur lequel se trouve son plus récent simple, Wide Awake. Ajoutez un film retraçant les étapes de sa prodigieuse ascension (Katy Perry : Part of Me, en salle cette semaine et en 3D s’il vous plaît!), annoncé par l’une des campagnes publicitaires les plus dynamiques jamais vues et vous avez tous les ingrédients nécessaires à une domination quasi exclusive de l’espace médiatique. Dans ce contexte, il est presque impossible de voir son plus récent clip, Wide Awake, comme autre chose qu’un tentacule de la monstrueuse machine promotionnelle à son service.

Respectant à la lettre l’esprit du film Part of Me, le clip de Wide Awake est excessivement autoréférentiel. On y voit Katy quittant le plateau du clip de California Gurls, souriante et satisfaite du travail accompli. Une fois de retour dans sa loge, elle laisse tomber la perruque rose et aperçoit dans la glace Katheryn Elizabeth Hudson, la jeune femme originaire de Santa Barbara qui rêvait d’être une star.

De Lewis Carroll à Jean Cocteau, le miroir a toujours servi de ressort dramatique aux créateurs. Dans l’univers poétique, il sert à révéler la vraie nature des protagonistes ou à leur donner accès à un autre monde, magique et onirique. À la manière de Gwen Stefani dans le clip de What You Waiting For?, véritable hommage à Alice au Pays des Merveilles, Katy traverse de l’autre côté du miroir et se retrouve dans un univers déjanté qui n’est visiblement pas régi par les lois terrestres. À preuve : plutôt que de nous présenter son habituel univers rose bonbon, Katy révèle ici la face sombre de son subconscient, troquant les couleurs néon contre une palette beaucoup plus glauque, gothique, même, rappelant les décors inquiétants du Labyrinthe de Pan.

Après avoir erré dans un dédale de pierres noires et suintantes, et croqué un fruit que l’on devine interdit (une fraise, en l’occurrence), Kathryn devient Katy et laisse fuser quelques feux d’artifice de sa poitrine, un motif familier pour tous ceux qui ont vu le clip de Fireworks. Apparaît ensuite une enfant qui lui servira de guide dans son odyssée fantastique. Aidée de sa jeune amie, Katy échappe aux monstrueux paparazzis, évite de justesse la dépression nerveuse (représentée par deux Minotaures en blouse blanche) et frappe au visage un Prince charmant de pacotille (petite vengeance à l’endroit de son ex, Russell Brand?).

Après avoir triomphé de toutes les épreuves, notre héroïne trouve enfin la lumière et abandonne l’enfant, qui lui laisse en cadeau un joli papillon bleu. Comme je déteste être pris pour un idiot, j’en veux au réalisateur d’avoir souligné à gros traits le sens réel du clip en nous montrant l’enfant s’éloignant sur une bicyclette équipée d’une plaque portant le nom de Kathryn. Quiconque possède une once de jugeote avait déjà compris qu’il s’agit d’une énième variation sur le thème «la-vraie-magie-c’est-de-ne-pas-oublier-l’enfant-qui-sommeille-en nous». Efficace, certes, mais un peu facile.

Le décompte MusiquePlus
Samedi à 15 h

Wide Awake de Katy Parry

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=k0BWlvnBmIE&w=640&h=360]

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