Culture
00:08 29 janvier 2018 | mise à jour le: 29 janvier 2018 à 09:08 Temps de lecture: 6 minutes

Grammy: Bruno Mars coiffe Kendrick Lamar

Grammy: Bruno Mars coiffe Kendrick Lamar
Photo: Matt Sayles/Invision/APBruno Mars accepts the award for record of the year for "24K Magic" at the 60th annual Grammy Awards at Madison Square Garden on Sunday, Jan. 28, 2018, in New York. (Photo by Matt Sayles/Invision/AP)

Bruno Mars est sorti grand gagnant de la 60e cérémonie des Grammy, hier soir au Madison Square Garden, remportant les trois trophées les plus prestigieux de la soirée.

Le raz-de-marée martien s’est amorcé lorsque la funky That’s What I Like a été nommée Meilleure chanson de l’année. Puis, en fin de gala, Mars a raflé coup sur coup le titre d’Enregistrement de l’année pour la chanson 24K Magic et celui d’Album de l’année pour l’opus du même nom.

Humble dans son triomphe, l’as du R&B a tenu à remercier les autres artistes en nomination avec lui pour l’album de l’année, soit Kendrick Lamar, Jay-Z, Lorde et Childish Gambino. «Merci d’offrir votre musique au monde», a déclaré un Mars éméché, qui a avoué avoir déjà amorcé ses célébrations en coulisse.

Au total, le multi-instrumentiste de 32 ans a amassé sept récompenses, portant à 18 son total en carrière.

Après avoir raflé les trophées de la Meilleure performance rap et du Meilleur album hip-hop, Kendrick Lamar semblait en bonne voie d’obtenir les honneurs suprêmes, mis il a été dépassé à la toute fin par Mars. Il a tout de même terminé la journée avec cinq prix de plus à sa collection.

Lorsqu’il a remporté le trophée du Meilleur album hip-hop, le rappeur de 30 ans en a profité pour remercier…le hip-hop lui-même. «C’est lui qui me fait monter sur scène, qui m’amène en tournée, qui fait de moi ce que je suis.» Il a aussi ajouté un clin d’œil à celui avec qui il était en compétition directe, Jay-Z, qui dominait la cérémonie avec huit nominations. «Jay for president», a conclu Lamar.

Monsieur Z est finalement reparti les mains vides.

L’honneur d’ouvrir la soirée est également revenu à Lamar, qui a enflammé (lance-flammes à l’appui) le Madison Square Garden de New York avec une performance entrecoupée de commentaires de l’humoriste Dave Chappelle.

Le medley à forte saveur politique s’est terminé alors que les danseurs de Kendrick tombaient un à un sous des balles invisibles, référence directe aux violences policières à l’endroit des jeunes Noirs aux États-Unis

«Il semble chanter et danser, mais ce frère prend d’énormes risques», a plaidé Chappelle avant de l’inviter à «gronder» encore et toujours.

À noter que Kendrick portait, comme plusieurs de ses confrères et consœurs, la rose blanche en appui aux femmes victimes d’actes d’inconduite sexuelle.
Comme lors des Golden Globes il y a trois semaines, les ondes de choc du mouvement #MeToo se sont fait sentir lors de la cérémonie.

«Tout comme nous avons le pouvoir de forger la culture, nous avons le pouvoir de changer une culture qui ne nous sert pas bien», a lancé Janelle Monáe avant de présenter Kesha, qui soutient avoir été victime d’une agression sexuelle de la part de son producteur Dr Luke.

La chanteuse, qui effectue un grand retour après des années de repos forcé, s’est livrée corps et âme dans sa touchante interprétation de Praying, entourée d’une chorale de grandes dames de la musique, dont Cindy Lauper.

James Corden, à la barre du Late Late Show présenté à CBS, a offert une animation rythmée qui a toutefois connu des hauts et des bas.

Le Britannique s’est bien amusé avec une parodie de sa fameuse capsule Carpool Karaoke, où il invite les vedettes à chanter leurs propres succès en voiture. Cette fois-ci, il a troqué le covoiturage pour le métro de New York, ville où le gala était présenté pour une première fois en 15 ans. Le clin d’œil était bien pensé, mais les gags sont souvent tombés à plat.

Son idée de distribuer de mignons petits chiens aux perdants en guise de prix de consolation était bien plus inspirée, tout comme le segment où Snopp Dogg, Cher et Hillary Clinton ont été invités à lire des extraits de Fire and Fury – Inside the Trump White House en vue d’obtenir le prochain Grammy du Meilleur album parlé.

Les coups de chapeau à la Grosse Pomme ont été nombreux tout au long de la soirée. Avant de présenter un trophée, le nonagénaire Tony Bennett (56 ans après avoir remporté son premier Grammy!) et John Legend en ont profité pour pousser la note sur New York, New York dans un charmant duo intergénérationnel. Sting a de son côté entonné son grand classique Englishman In New York avec l’aide inattendue de Shaggy (It Wasn’t Me, c’était lui), sorti des boules-à mites pour l’occasion.
La nostalgie a aussi été à l’honneur. Habillés à la mode des années 1990, Bruno Mars et Cardi B ont offert une version délicieusement rétro de Finesse, où on a pu entendre les célèbres notes de Jump Around de House Of Pain.

Rihanna et DJ Khaled nous ont ensuite servi le ver d’oreille Wild Thoughts, qui reprend le fameux riff de Maria Maria, popularisée par Carlos Santana en 1999.
Côté nouveautés, la Canadienne de 21 ans Alessia Cara a reçu le trophée de Révélation de l’année. Visiblement touchée, la jeune femme originaire de Toronto a avoué sur scène qu’elle jouait «à gagner des Grammy depuis la plus tendre enfance».

Cara a également participé à la dernière prestation de la soirée, chantant 1-800-273-8255, pièce sur la prévention du suicide, en compagnie de Logic et Khalid.

Parmi les autres performances notables, soulignons celle de Lady Gaga, tout en plumes, le duo formé d’Elton John et de Miley Cyrus autour de Tiny Dancer ainsi que Childish Gambino, alias Donald Glover, acteur à ses heures, qui a instillé une bonne dose de groove avec Terrified.

P!nk, qui, suspendue au plafond, avait offert une performance digne du Cirque du Soleil en 2014, a cette fois-ci opté pour la sobriété, mettant sa superbe voix à l’avant-plan pour Wild Hearts Can’t Be Broken.

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