Culture

Les étranges méandres du désir

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Jusqu’où peut aller un simple baiser? Très loin vous répondrait Em­manuel Mouret, réalisateur, acteur et scénariste du film Un Baiser s’il vous plaît.

Mettant en vedette Virgi­nie Ledoyen, cette char­mante comédie romantique est l’histoire d’Émilie, qui, en déplacement à Nantes, est séduite par Gabriel. Tous deux sont déjà en couple. Ils voudraient s’embrasser, car ils savent qui ne se reverront sans doute jamais. Cepen­dant, Émilie résiste, hantée par l’histoire d’une amie mariée, surprise par l’effet d’un baiser donné à son meilleur ami.

«Je voulais faire un film où il y a un maximum de scènes de désir et en même temps qui est le plus divertissant possible, explique le réalisateur français, de passage à Montréal. Je voulais aussi poser toutes les questions du désir. Comment le désir se joue de nous, de nos sentiments et de notre propre volonté. De montrer comment on peut être partagé entre vouloir réaliser ses désirs, et en même temps, vouloir être quel­qu’un de bien et se soucier des autres.  Je voulais cons­truire une histoire où l’amitié mène à l’amour et où l’amour mène à l’amitié, les deux aspects dans le film.»

Pour son quatrième long-métrage, le cinéaste de 37 ans a donc fait appel à Virginie Ledoyen pour camper le rôle de  Judith, une jeune chimiste dont la vie basculera après avoir embrassé son meilleur ami, Nicolas (lui-même). L’actrice, vue dans The Beach et 8 femmes, était pour  Emmanuel Mouret la candidate parfaite. Charmante : élément essentiel pour un film sur le désir, elle pouvait incarner l’aspect léger et le côté un peu plus profond de son film.

Un couple parfait

De son côté, la comédienne, qui fait du cinéma depuis ses 10 ans, connaissait déjà l’univers singulier du réalisateur qui met le dialogue au premier plan de ces films, et elle souhaitait s’y plonger.

«C’est drôle parce que, dans les films de Mouret, les personnages parlent de ce qu’ils vont faire et de comment ils vont le faire, note l’actrice française, à Mont­réal pour la première fois. Je pense que c’est ce qui amène la dimension comi­que du film et c’est ce qui m’a plu à la lecture du scénario. Il devient alors possible de parler de choses graves avec fantaisie et burlesque.»

Le style cinématographique d’Emmanuel Mou­ret n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Woody Allen avec cette importance des dialogues. De plus, il joue dans ses propres films un personnage toujours un peu maladroit, comme le réalisateur américain. 

«On fait peut-être la comparaison à cause de mon humour qui, je crois, comme celui d’Allen, essaie d’être assez sincère et aussi parce que ses comédies sont assez soignées. Souvent esthétique et comédie ne vont pas de paire, mais moi, j’ai vraiment essayé que le film soit visuellement beau.»

Le Woody Allen français aurait-il trouve sa Mia Farrow ou sa Scarlett Johansson en la personne de Virginie Ledoyen?

«Nous allons faire un autre projet de film ensemble, confirme l’actrice, qui a quitté le tournage de L’emmerdeur de Francis Veber pour venir au Québec. Mais ça va être un mélodrame cette fois-ci. Ç’a été une très belle rencontre entre Emmanuel et moi. Je suis très contente d’être entrée dans son univers.»

Un baiser s’il vous plaît
En salle dès aujourd’hui

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