Culture
23:00 8 mai 2018 | mise à jour le: 8 mai 2018 à 23:01 temps de lecture: 3 minutes

La maison des Syriens: La générosité d’un village québécois

La maison des Syriens: La générosité d’un village québécois
Photo: Les vues du fleuve

C’est une véritable leçon d’humanité qu’offrent Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier dans leur film La maison des Syriens.

Lorsque le gouvernement Trudeau a annoncé que le Canada allait recevoir 25 000 réfugiés syriens, Nadine Beaudet (Le chant des étoiles) et Christian Mathieu Fournier (Nallua) ont décidé de suivre le comité de parrainage d’une famille syrienne dans le village de Saint-Ubalde, dans le comté de Portneuf.

«Il y a une distance dans les médias lorsqu’il est question du conflit syrien, explique en entrevue la cinéaste. Ça devenait plus concret et palpable pour nous.»
Alors que le duo pensait tourner seulement pendant quelques mois, le processus fut beaucoup plus long et fastidieux. Aucun des piliers gouvernementaux ne put notamment donner de réponse, sur la date d’arrivée des réfugiés qui étaient constamment retardée. «Il y a un comité voisin qui a dû payer un loyer d’accueil pendant six mois pour rien…» révèle le réalisateur.

Et c’est sans parler de l’état de la famille syrienne réfugiée au Liban, dans le flou le plus total quant à son avenir.

La maison des Syriens devient ainsi un suspense de l’attente. Rien n’assure que les nouveaux arrivants se rendront à destination, une incertitude renforcée par l’utilisation de nombreux travellings dans une nature pas toujours clémente.

Peu importe la conclusion, c’est la force tranquille des habitants de Saint-Ubalde qui triomphe. Leur empathie et leur générosité sont immortalisées dans la tradition du cinéma direct de Pierre Perrault.

«J’ai toujours aimé parcourir le territoire, aller à la rencontre des gens et les filmer en gros plan pour les sentir vivre devant moi», confie Christian Mathieu Fournier, qui a changé de profession – il était enseignant de français au secondaire – après avoir vu le chef-d’œuvre Pour la suite du monde.

«Le documentaire, c’est le plus beau prétexte pour aller à la rencontre de l’autre», croit Nadine Beaudet.

Même si La maison des Syriens évoque un processus d’accueil qui se déroule bien, un passage du documentaire où quelques individus tentent de semer la discorde lors d’un conseil de citoyens rappelle que la peur et l’ignorance ne sont jamais bien loin.

«C’est le seul moment où on sent qu’il y a une opposition ou des inquiétudes par rapport à l’arrivée de migrants syriens, se rappelle Nadine Beaudet. Les comités présents ont eu la bonne réaction en ne leur accordant pas d’importance. On est conscient que c’est un pourcentage infime de notre société qui prend trop d’ampleur… Lorsqu’on voit le film, ce n’est pas ça qui reste. Les gens ont besoin de positif, ils sont vraiment contents de voir qu’il se passe de belles choses, que l’intégration en région est possible.»

En salle dès vendredi

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