Culture

Piles non incluses

Cinq années se sont écoulées depuis la sortie en salles du dernier film d’Andrew Stanton, Finding Nemo. Dans cette même période de temps, n’importe quel cinéaste aurait pu réaliser cinq autres films. Tel n’est pas le cas d’Andrew Stanton.

L’une des figures les plus connues des studios de Pixar a passé la majeure partie de son temps au travail d’une seule Å“uvre : WALL·E. Dans le monde de l’animation, un pareil scénario ne fait pas figure d’exception, et ce, depuis les premiers balbutiements du septième art.

Que ce soit à la belle époque des animations 2D de Disney ou à l’heure actuelle, avec les plus nouvelles technologies de Pixar, les longs métrages d’animation ont toujours exigé beaucoup d’ardeur à l’ouvrage.

«Je dis souvent que réaliser un dessin animé, c’est comme réaliser un film avec de vrais acteurs et de vrais décors, mais au ralenti, observe Stanton. Vous êtes à la tête d’un groupe de personnes très compétentes qui font toutes le même boulot, mais qui utilisent des outils différents pour y parvenir.»

Seul au monde

WALL·E (à prononcer «Walli») est le titre d’un film qui se déroule 700 ans dans le futur, alors que les humains ont déserté la Terre.

WALL·E, c’est avant tout le nom d’un petit robot à qui l’on a confié la lourde tâche de nettoyer la planète bleue en l’absence des humains. Mais au bout de ces longues années, le sympathique engin a développé un petit défaut technique: une forte personnalité. Extrêmement curieux, très indiscret, il est surtout un peu trop seul… jusqu’au jour où débarque EVE, une «robotte» de combat dont il tombe éperdument amoureux. Après avoir perdu la trace de celle-ci, il partira à sa recherche dans l’espace.

À la fois ambitieuse et complexe, la croisade de WALL·E rappelle celle de Stanton, qui a dû travailler d’arrache-pied pour arriver au bout de ses objectifs.

«Quand vous faites des prises de vue réelles, la spontanéité est reine et vous devez y aller, qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve… peu importe ce que vous aviez prévu à l’origine. Être spontané a quelque chose de très vivifiant. Or, il n’y a pas une once de spontanéité dans la réalisation d’un film d’animation, parce que ça prend tellement de temps.»

En dépit de ces quelques aléas, Andrew Stanton, ne changerait pas sa place pour tout l’or du monde. Son côté perfectionniste se plaît beaucoup en animation, où le réalisateur a le contrôle absolu sur tout ce qui se retrouve dans le film.

«Vous pouvez changer d’idée à la toute dernière minute, souligne-t-il. Vous pouvez revenir aux choses que vous avez complétées deux ans auparavant et les modifier de nouveau sans problème.»

L’animation, à la sauce Pixar

Les studios de Pixar sont reconnus pour leurs voyages d’exploration, au cours desquels les personnes à la tête de chaque département sortent de leur bureau et partent à la recherche des textures, des mouvements et de l’ambiance du monde dans lequel le film se trame.

Pour Cars, ils se sont immiscés dans l’univers des courses d’autos, tandis que, pour Ratatouille, ils ont pris l’avion pour Paris afin de visiter les meilleurs restos de cuisine française.

L’histoire de WALL·E se situe dans l’espace et sur une Terre couverte de déchets. Nul besoin de  mentionner qu’aucun voyage glamour n’était inscrit à l’agenda.

Voilà sans doute pourquoi Andrew Stanton, qui a cosigné le scénario avec Peter Docter (Monsters, Inc.), a préféré retarder ses recherches pour prendre quelques longs mois de vacances avec sa famille après avoir mis la touche finale à Finding Nemo.

«Nous sommes allés dans des usines de recyclage. Nous avons même mis les pieds dans des dépotoirs, indique le cinéaste. Nous avons étudié chaque robot que nous trouvions sur notre chemin, même s’il s’agissait du robot renifleur de bombe qu’il y avait au poste de police d’à côté. Ça n’avait rien de sexy!»

WALL·E
En salle dès aujourd’hui

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