Culture

Dumas au National: Boîte à surprises

Dumas ne se lasse jamais de réinventer ses pièces. Et c’est tant mieux, car son inclination pour le renouveau transforme ses concerts en véritables boîtes à surprises : non seulement on a hâte d’entendre nos chansons préférées, mais on se demande à quelle sauce il les a apprêtées. Cette formule ne favorise certes pas les effusions spontanées de joie (difficile de battre la mesure quand on ne sait pas sur quel pied danser), mais elle révèle une nouvelle facette d’un artiste, ce qui est, en soi, plus intéressant.

Après avoir lancé cinq albums en moins d’un an, Dumas était de retour au National hier soir. Sur cette scène qu’il affectionne particulièrement, l’auteur-compositeur y est allé de versions retravaillées d’une vingtaine de ses meilleures chansons. Parmi les métamorphoses les plus réussies, citons celle de Je ne sais pas, extraite de son deuxième opus, Le cours des jours. Après une ouverture tout en douceur interprétée en chÅ“ur avec la foule, le morceau a pris une tournure rock pour le moins inattendue lorsque la guitare corrosive de Jocelyn Tellier s’est fait entendre.

La plupart des titres de Traces, son dernier opus lancé en décembre, ont eux aussi eu droit au même traitement-choc. Exit les cordes! C’est l’emballage rock qui primait hier soir. Cela dit, même si on adore le lustre que les violons confèrent au nouveau disque du chanteur, on a aussi apprécié l’énergie brute qui se dégageait des versions live.

Dumas n’a pas toujours la main heureuse quand vient le temps de donner une nouvelle dimension à une chanson. Mais l’effort est louable. Voilà pourquoi on lui pardonnera l’intermède reggae pendant Le bonheur et les guitares trop pesantes sur L’amour en fuite (on préfère de loin la version du disque, plus gentille).

En dépit d’une foule plus calme qu’à l’accoutumée, Dumas s’est montré tout aussi enthousiaste et généreux que par le passé. Il ne prend peut-être pas le temps de parler à ses fans entre deux morceaux, mais ça ne l’empêche pas d’établir une belle complicité avec la foule. Sa méthode? Miser sur la participation de l’audience pendant les chansons, que ce soit par des claquements de mains, des harmonies vocales ou des sifflements d’oiseau (Quelque part). Autre nouveauté : sur les planches, Dumas ne se contente plus de quelques steppettes avec sa guitare.

Aujourd’hui, il effectue de vrais déhanchements. Il en a d’ailleurs proposé plusieurs exemples lors de Nébuleuse.

Dumas
Au National
Jusqu’à samedi
En supplémentaires les 6, 7 et 8 mai

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