Culture

Jeff Bridges dans Crazy Heart: Paumé, ivrogne et amoureux

Ned Ehrbar - Metro World News

Dans Crazy Heart, Jeff Bridges joue le rôle de Bad Blake, un chanteur de country en fin de carrière qui a eu une vie difficile et des mariages désastreux. Bad traverse le sud-ouest américain, brisé et ivrogne, mais trouve son salut auprès d’une jeune journaliste qui croise son chemin et de qui il tombe amoureux. Bridges a discuté avec Métro de son expérience dans la peau de Bad.

Crazy Heart aborde le sujet de la rédemption. De quoi vous êtes-vous inspiré pour jouer cela?
Je me suis inspiré de ma propre expérience. J’ai eu à me racheter au cours de ma vie. Je suis marié depuis 33 ans. Dans un mariage aussi long, j’ai souvent eu à pardonner et à me faire pardonner…

Avez-vous composé votre personnage en fonction d’unepersonne en particulier?

Mon plus gros modèle pour ce rôle fut Stephen Bruton, qui était un ami, un vieil ami de T-Bone Burnett, un des producteurs du film. Ils ont grandi ensemble au Texas. Et la vie de Stephen a beaucoup de similitudes, ou du moins on peut établir des parallèles avec celle de Bad. Et puis il y a bien sûr Waylon Jennings et Bob Dylan qui ont été des modèles. En outre, pour m’inspirer, T-Bone a fait pour moi un merveilleux portrait de la musique que Bad aurait pu écouter, et c’était assez éclectique. Je pense que Bad aurait écouté toutes sortes de musique.

Comment avez-vous fait pour décompresser après avoir tour-né les scènes difficiles du film?
Je ne sais pas. Votre personnage, c’est quelque chose que vous traînez toujours avec vous. Je me souviens d’un gars qui m’a demandé un jour : «Êtes-vous un de ces acteurs qui ramènent ses personnages à la maison avec eux?» Je lui ai répondu : «Eh bien, vous savez, je ne me considère pas vraiment comme « un de ces acteurs »». Ma femme était avec moi à ce moment et elle roulait les yeux en m’écoutant. Alors, peut-être que je suis un acteur comme ça sans trop m’en apercevoir.

Quel est le secret de votre longévité dans le domaine du cinéma?
Je me souviens de mon père. Beaucoup de mes repères viennent de la façon dont il a mené sa carrière. Mon père était un acteur formidable, très polyvalent. Mais j’ai vu le genre de frustration qu’il a pu avoir quand il jouait dans la série des années 1960 appelée Sea Hunt. Les gens le regardaient jouer le rôle du plongeur Mike Nelson chaque semaine au petit écran. Et il jouait si bien son rôle que les gens ont fini par penser qu’il était un vrai plongeur. Il a voulu avoir plus de texte et de place dans la série, mais tout ce qu’on lui faisait dire concernait la plongée. Ça le rendait fou. Donc, j’ai vraiment essayé de mélanger, de jouer différents types de rôles au cinéma.

Crazy Heart
En salle dès le 22 janvier

Articles récents du même sujet