Culture

Alegría au Centre Bell: Les clowns volent la vedette

Cet article aurait bien pu s’intituler : Trop, c’est comme pas assez. Quinze ans après sa création, le spectacle Alegría du Cirque du Soleil est de retour à Montréal. Production majestueusement orchestrée, Alegría se veut une réflexion «sur la lutte pour le pouvoir et l’énergie vivifiante de la jeunesse», pour reprendre les mots des auteurs.

Comprenons-nous bien : tout est parfait dans Alegría. Du moins, presque. Les costumes sont écÅ“urants, la musique est extraordinaire (et a d’ailleurs été récompensée de plusieurs prix) et les acrobates sont excellents. Mais le tout manque un peu de chaleur et d’émotion. Le spectacle est tellement parfait qu’il en devient un peu froid. Un peu comme le cliché du premier de classe qui fait tout très bien, mais qui a du mal à s’attirer la sympathie de ses camarades.

C’est peut-être pour cela que les clowns, qui, dans un spectacle de cirque, servent surtout à animer les intermèdes entre les numéros, volent presque la vedette aux autres artistes. D’ailleurs, à la fin d’Ale­gría, ce sont eux que les spectateurs du Centre Bell (plein à craquer) ont le plus chaudement applaudis.

Dans les airs
Revenons aux acrobates. Parmi les numéros, on retrouve deux voltigeuses à trapèze, un feu d’artifice bien orchestré de culbutes sur trampoline, un numéro d’équilibriste sur des cannes, un homme volant, des barres russes, une danse du feu et une gymnaste qui fait valser les cerceaux avec à peu près toutes les parties de son corps. Bref, Alegría est un bon show d’acrobaties.

Mais, aussi bons que soient les artistes, c’est du déjà vu ou presque. Seules les deux contorsionnistes asiatiques – par leur extravagante souplesse – offrent une prestation que l’on voit plus rarement. Mention aussi pour la tempête de neige très réaliste (si l’on se trouve au parterre). De ce spectacle à grand déploiement, parfait sur le plan technique, mais qui manque un peu la cible sur le plan émotionnel, on ressort ambivalent. Trop, c’est comme pas assez.

Des changements

Selon la directrice artistique du Cirque du Soleil, Carmen Ruest, certains éléments d’Alegría ont été modifés en 15 ans, mais d’autres ont été conservés, à dessein. «Parce que cela s’est avéré être un spectacle intemporel, qui demeure contemporain d’une année à l’autre, et qui a séduit les nouveaux marchés dans lesquels on est allés, en Amérique du Nord, au Japon, en Europe, en Asie-Pacifique et en Amérique du Sud», a noté Mme Ruest. Il y a également des ajouts. «On avait 41 artistes en 1994 et on en a maintenant 55, a-t-elle expliqué. On a deux numéros de plus.»

Alegría
Au Centre Bell
Jusqu’au 30 décembre

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