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Sherlock Holmes: Élémentaire, mon cher Robert

Robert Downey Jr le reconnaît : ses rapports avec la ville de Londres n’ont pas toujours été agréables. «J’y suis allé il y a 20 ans, et la nourriture était dégueulasse», déclare-t-il, avant d’ajouter du même souffle : «Mais j’étais moi-même assez dégueulasse à cette époque. Je ne me rappelle à peu près de rien.»

Cependant, depuis qu’il a interprété le rôle-titre dans le film Sherlock Holmes, sur le point de sortir, le comédien s’est pour ainsi dire réconcilié avec tout ce qui est british. Mais en acceptant de camper le rôle du célèbre détective dans le film de Guy Ritchie, Downey s’attendait à subir la pression liée à la tradition littéraire du personnage inventé par Conan Doyle. «C’est curieux, parce que je croyais qu’en incarnant Sherlock Holmes, j’allais devoir assumer une respon­sabilité écrasante», dit-il avant de préciser que, durant le tournage, il a eu l’impression très nette que tout était fait comme il se devait. «Parfois, vous avez le sentiment d’être parfaitement dans le ton et d’avoir un accès privilégié à l’histoire et à l’héritage de quelque chose, explique-t-il. Dans ce genre de situation, vous avez l’impression d’être approuvé silencieusement depuis un autre lieu et un autre temps.»

Par ailleurs, pour que le personnage de Holmes soit complet, il était essentiel de lui trouver un Watson digne de ce nom. Il fallait aussi un acteur avec qui Downey puisse bien s’entendre. À cet égard, l’acteur insiste sur le fait qu’il n’aurait pu tomber sur un meilleur parte­­naire de jeu que Jude Law. «Je suis habitué aux gens qui disent : « Il y a vraiment une chimie merveilleuse entre vous et unetelle, ou unetelle » quand je joue avec une femme, raconte Downey. Eh bien, les commentaires sont à peu près les mêmes dans ce cas-ci; les gens parlent de Jude et moi comme si nous devions faire des comédies romantiques ensemble.»

Quand on lui fait remarquer que les cinéphiles risquent d’être un peu déroutés par le Sherlock Holmes qu’il incarne, Downey répond que l’interprétation qu’il en propose est plus juste qu’aucune autre.«Nous avons réinterprété et composé ce personnage en retournant à la source. Nous avons prêté une grande attention à ce à quoi il ressemblait, à la façon dont il se comportait, et nous n’avons pas oublié qu’il connaissait les arts martiaux», expose Downey.

Si le simple fait de parler d’arts martiaux et de combats rend de nombreux comédiens hollywoodiens nerveux, ce n’est pas le cas de Downey, qui juge que le moment marquant du tournage a été celui où a été filmée la scène de combat à mains nues. «Quand on a eu terminé de la tourner, j’ai vraiment senti que nous tenions quelque chose avec ce film, dit-il. Pas parce que la scène me mettait en valeur et que je pouvais montrer mes abdominaux bien découpés et toutes ces petites choses narcissiques un peu dégoûtantes, mais parce que c’était quelque chose de vraiment fou et que ça aurait très bien pu donner des résultats désastreux. Si on l’avait ratée, tout le reste du film aurait dû faire oublier cette initiative de Guy Ritchie. Mais c’était parfait et je crois que ça donne le ton à l’ensemble du film.»

Downey, qui est plus qu’heureux d’être associé à deux séries de films qui ont obtenu beaucoup de succès, considère l’avenir avec sérénité. «Dans le meilleur des cas, Iron Man marchera bien encore une ou deux fois, tout comme The Aven­gers, qui est en production. J’ai aussi l’impression que Sherlock Holmes aura une suite. Je crois que le film va être bien reçu et que ce sera une aventure rentable», espère Downey.

Sherlock Holmes
En salle dès le 25 décembre

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