«Avec Smile, je vous invitais dans mon salon. Avec A la vida, je vous amène dans ma vie», a déclaré Ima hier soir à L’Astral. À ce compte-là, il y en a plusieurs qui, au sortir du spectacle, souhaitaient sans doute changer de peau avec elle… Car si le quotidien de l’interprète ressemble un tantinet à ce qu’elle nous a proposé sur scène, il doit être sexy, léger et souriant.
Entourée de huit musiciens sous la direction de Guy St-Onge, Ima y est allée, pendant deux heures, des plus jolies reprises qui composent la plus grande partie de son répertoire. La belle, qui se disait «stressée» en début de prestation, est finalement parvenue à chasser toute trace de nervosité avec un pot-pourri latin placé juste avant l’entracte. Après qu’elle eut demandé à la foule de se lever pendant Baila Me, on a senti le thermostat de la salle grimper.
Parmi les plus beaux moments de la soirée, citons Ne me quitte pas, magnifique avec un quatuor à cordes, Mourir dans tes bras (qui lui a valu une ovation debout), et des medleys soul et rock dans lesquels elle a pu s’abandonner complètement. Au chapitre des bémols, soulignons At Last, dénaturée à coups d’arrangements pop, et une portion piano-bar sans trop de saveur au retour de l’entracte.
Énergie positive
On le sait, Ima n’a pas la voix la plus puissante en ville. Quand l’ensemble des instruments résonne dans les haut-parleurs, son organe peine à se faire entendre. Voilà pourquoi elle prévoit souvent, à l’intérieur même des pièces, quelques moments où la batterie et les guitares se taisent, pendant lesquels elle peut se livrer à des vocalises a capella.
Mais ce n’est pas pour la force de son gosier qu’Ima flirte avec le sommet des palmarès de vente d’albums depuis quelque temps. La jeune femme de 31 ans ne présente peut-être pas la profondeur d’âme d’une Isabelle Boulay, mais elle dégage une joie de vivre diablement contagieuse.
«J’aime chanter», a-t-elle lancé en début de concert. Pas besoin de le mentionner, ça se voit. Même dans les pièces les plus tristes, comme Dis-moi et Cucurrucucu Paloma, elle ne réussit pas à cacher son sourire. Ce surplus d’énergie positive ne la rend pas seulement attachante, il lui permet de briller sur des titres déjà ensoleillés comme Drôle de vie et Le temps des fleurs.
À la voir se déhancher lascivement au rythme des percussions et des guitares flamencos, des images de ciel bleu et d’oiseaux qui gazouillent nous viennent immédiatement en tête. Et c’est tout un compliment, quand on sait qu’il pleuvait à boire debout à notre arrivée à L’Astral.
Ima
À L’Astral
Ce soir à 20 h