Guy A. Lepage aime s’impliquer dans diverses Å“uvres de bienfaisance, mais pas de n’importe quelle façon. Ne lui demandez pas de jouer les serveurs au cours d’un souper spaghetti à Lachenaie : vous vous heurterez à un non catégorique. «Je vais ralentir les cuisines et je vais échapper de la sauce à spag sur tout le monde! s’exclame-t-il en entrevue.
Je ne veux pas donner l’illusion d’aider… Ça me plaît d’être généreux et de faire du bénévolat, mais dans mon champ de compétences.» Voilà pourquoi jeudi soir, au Métropolis, Guy A. Lepage présentera Charité bien ordonnée… commence par nous tous, un spectacle-bénéfice au profit du Club des petits déjeuners et de la Fondation du Dr Julien. Pour la troisième édition de l’événement, l’humoriste a réuni une impressionnante brochette d’artistes, dont Éric Lapointe, Rachid Badouri, Isabelle Boulay, Les Grandes Gueules, Jonas, Martin Fontaine et Véronique Cloutier. Ceux-ci seront accompagnés en musique par les Porn Flakes, des amis de longue date de l’ex-RBO.
C’est après avoir reçu le Dr Gilles Julien sur le plateau de Tout le monde en parle que Guy A. Lepage a cherché à faire sa part pour aider les enfants dans le besoin. Selon l’animateur, ce sont les personnes qui consacrent leur vie au service des plus démunis qui sont les véritables héros du 21e siècle, et non pas les acteurs et les chanteurs, à qui cet honneur est trop souvent exclusivement réservé.
«Dans le showbizz, l’ego est au cÅ“ur de tout. Une mauvaise critique, ça fait mal, mais ça n’a jamais tué personne. La seule chose que ça blesse, c’est l’ego, expose-t-il. Dans le cas du Dr Julien, par contre, une mauvaise décision, ça peut faire la différence entre la vie et la mort.»
L’année 2010 ne sera pas de tout repos pour Guy A. Lepage. Outre les enregistrements de Tout le monde en parle et quelques spectacles ici et là avec les Porn Flakes, deux longs métrages figurent à l’agenda du populaire animateur. Le tournage du premier, intitulé L’appât, débutera en août, sous la direction d’Yves Simoneau. Il s’agit d’une comédie policière soutenue par la SODEC et Téléfilm dans laquelle le bourreau de travail tient le premier rôle. «C’est pour ça que je me nourris bien et que j’ai maigri», dit-il fièrement.
Également soutenu par les institutions gouvernementales, Bossé, de Claude Desrosiers, se mettra en branle l’hiver prochain. Lepage y tiendra le rôle d’un bandit à cravate en compagnie de Valérie Blais, d’Élise Guilbault et de James Hyndman.
«Il va falloir que je fasse beaucoup de sacrifices au cours des prochains mois. Déjà qu’il faut que je sois très en forme pour passer au travers d’une saison normale de Tout le monde en parle… note le nouveau papa d’une petite fille. Cela dit, je ne suis pas angoissé. J’ai hâte!»
Cette confiance quasi inébranlable en ses moyens, Guy A. Lepage semble l’avoir depuis sa sortie de l’UQAM, en 1983. Mais aux dires du touche-à-tout de 49 ans, son attitude fonceuse s’explique surtout par le fait qu’il sort rarement de sa zone de confort. «Je suis très douillet, révèle-t-il. Je ne suis pas quelqu’un de peureux, mais si faire un show me donnait envie de vomir et m’empêchait de dormir, je ne le ferais pas.»
La dernière fois que Lepage a participé à un projet qui ne le rendait pas heureux, c’était en 1992. Il avait accepté, avec les autres membres de RBO, d’animer l’émission du midi sur les ondes de CKMF. «On devait écrire 10 sketchs par jour, 5 jours par semaine. C’était de la saucisse à humour, se rappelle-t-il. Je venais d’avoir un enfant et j’avais besoin de sécurité.
C’était une job stable et payante, mais c’était aussi une décision de raison et d’affaires avant d’être une décision de plaisir. En fin de compte, elle était mauvaise. On s’est brûlés. Mais heureusement, notre amitié a survécu à ça.» «À partir de ce moment-là, je me suis dit : « L’argent ne passera plus jamais avant le plaisir. » Et ce n’est plus jamais arrivé depuis.»
Charité bien ordonnée…
Au Métropolis
Jeudi soir à 20 h
Tout le monde parle de TLMEP
Tout le monde en parle sera de retour à l’automne pour une 7e saison. Guy A. Lepage nous en parle.
Pourquoi attendez-vous toujours au printemps pour confirmer le retour de TLMEP?
Parce que je veux quitter au sommet. Je ne veux pas étirer la sauce. C’est pour ça qu’on a arrêté Un gars, une fille après 6 saisons et 450 jours de tournage de pur bonheur.
Vous parle-t-on beaucoup de TLMEP à l’extérieur du studio?
Même pendant l’été, je parle de TLMEP pendant une heure par jour. Souvent, les gens m’arrêtent et peuvent me parler d’une émission qu’ils ont vue huit mois auparavant.
À ce jour, quelle a été la meilleure saison de TLMEP?
Celle de l’automne 2008. Il y avait eu des élections au provincial et au fédéral. Les politiciens appelaient pour venir à l’émission. On gérait l’abondance. Je m’étais même dit :«On arrête après cette année. On ne pourra jamais faire mieux que ça!» Mais les six dernières émissions de la dernière saison, on était en feu!