À l’occasion du Zoofest, des humoristes de la relève présentent la série 60 minutes avec… Stéphane Poirier, Jérémy Demay et Guillaume Wagner, qui se produisent ce week-end, ont répondu à notre questionnaire-éclair.
- Stéphane Poirier le rire pour tous
Finissant de l’École nationale de l’humour en 2003, Stéphane Poirier a depuis collaboré à plusieurs galas Juste pour rire et Grand rire et animé des émissions de télévision. Il décrit son humour comme «un humour grand public qui parle du quotidien».
Quand as-tu décidé de devenir humoriste?
J’ai toujours su que je voulais faire du théâtre, mais pas forcément en humour, même si j’ai toujours aimé faire rire les gens. En 2000, j’ai écrit un show d’humour de deux heures, avec des invités et tout… J’aurais pu me planter, mais ça a marché, et c’est comme ça que tout a commencé!
Si tu pouvais être dans la peau d’une autre humoriste, qui ce serait?
Je choisirais Dane Cook. Un gars qui est capable de remplir le Madison Square Garden pour un show d’humour, ça m’impressionne pas mal, et c’est quelque chose que j’aimerais bien vivre!
Qu’est-ce qui te fait le plus rire dans la vie?
Je suis très bon public! Je suis un fan fini de plusieurs humoristes, je suis un consommateur d’humour avant tout!
Complète la phrase : L’humour, au Québec, ça manque de…
…relève! Il me semble que ce sont très souvent les mêmes humoristes qui reviennent.
Et il y a trop de…
… gens qui se croient humoristes! Je ne nommerai personne, par contre!
Y a-t-il des sujets que tu n’aborderais pas?
Je crois qu’on peut rire d’à peu près n’importe quoi. Moi, je vois toujours le deuxième degré dans tout… Mike Ward, par exemple, peut être très vulgaire, mais il y a un second degré. Ce qui me rebute, c’est la gratuité. Je n’aime pas la vulgarité inutile.
Quel est ton but ultime?
J’aimerais écrire une télésérie humoristique et jouer dedans. C’est peut-être à cause de mon background en théâtre!
- Jérémy Demay: L’humour à la française
C’est dans un bar de sa France natale que Jérémy Demay a été mis sur la voie de l’humour, quand on lui a suggéré de présenter un sketch à un concours. Ç’a été l’illumination qui l’a plus tard poussé à venir en stage à Juste pour rire.
Comment définirais-tu ton humour?
Assez physique, un peu de style bande dessinée. Je joue beaucoup avec le fait que je suis très grand et que j’ai un visage expressif.
Si tu pouvais être dans la peau d’un autre humoriste, qui ce serait?
Gad Elmaleh, parce que le gars fait tout! C’est un peu lui qui m’a inspiré à faire un peu tout sur scène de la musique, apprendre à danser, etc. On m’a toujours dit : «Fais sur scène ce que tu aimerais y voir», et moi j’aime voir quelqu’un qui intègre tout ça dans un spectacle, tant que c’est au service de l’humour.
Qu’est-ce qui te fait le plus rire dans la vie?
Mon frère! Je ris rarement dans les spectacles d’humoristes, mais mon frère, même s’il n’est pas humoriste, c’est le seul qui me fait rire aux larmes.
Complète la phrase : L’humour, au Québec, ça manque de…
De femmes. À part Cathy Gauthier, il n’y en a pas vraiment. Pourtant, c’est hot une femme sur scène!
Et il y a trop de…
D’humoristes qui font la même chose que tous les autres.
Y a-t-il des sujets que tu n’aborderais pas?
Je pense qu’on peut parler de n’importe quoi, ça dépend comment on le fait… Mais je n’aime pas me moquer des gens, blesser, dénigrer quelqu’un… Je ne veux jamais être méchant. J’ai un humour assez bon enfant. Je suis un adolescent dans un corps d’adulte.
Quel est ton but ultime?
Écrire un one man show intemporel qui fonctionnerait aussi bien au Québec qu’en France!
Jérémy Demay
Studio Juste pour rire
Demain à 19 h 30
- Guillaume Wagner: Repousser les limites
C’est presque par accident que Guillaume Wagner est devenu humoriste. «C’est un vieux rêve dont j’ai voulu me débarrasser en m’essayant à l’École nationale, pour pouvoir me dire : « Au moins, j’ai essayé! » Mais en fin de compte, je ne sais pas trop comment, j’ai été accepté, et on connaît la suite!» dit-il.
Si tu pouvais être un autre humoriste, qui serais-tu?
Bill Hicks, un humoriste américain. Je crois qu’il représente un peu le fantasme de tout humoriste, parce qu’il est très baveux, très cru, et ne cherche absolument pas à se faire aimer. On aimerait tous avoir le guts nécessaire pour ça, mais on veut tant que le public nous aime qu’on n’ose pas!
Qu’est-ce qui te fait le plus rire dans la vie?
La vie elle-même! Je trouve drôles les choses qui sont vraies, qui ne sont pas nécessairement censées l’être drôles. C’est pourquoi, par exemple, j’ai trouvé la série Six Feet Under très drôle, parce que ce sont des situations très vraies qui, quand on les regarde d’un certain point de vue, font vraiment rire!
Y a-t-il des sujets que tu n’aborderais pas sur scène?
Je crois que n’importe quel sujet est possible à traiter, tant qu’on y apporte un élément nouveau. Bill Hicks a déjà dit : «Un humoriste, c’est quelqu’un qui dit : « Attendez une minute! » pendant que le consensus se forme.»
Quel est ton but ultime?
J’aimerais créer un one man show qui me ressemble. En humour, il y a trois étapes. Durant la première, on ferait n’importe quoi pour faire rire; puis vient le moment où on sait qu’on est drôle et où on se sent en contrôle; et finalement, arrive l’étape où on réussit à rester soi-même et à faire rire quand même. C’est à ça que j’aspire!
Guillaume Wagner
Studio Juste pour rire
Dimanche à 19 h 30