Culture
20:26 8 mai 2019 | mise à jour le: 16 juillet 2019 à 11:14 temps de lecture: 4 minutes

Laboratoire d’art contemporain

Laboratoire d’art contemporain
Photo: Collaboration spécialeDétails d’œuvres de Motomishi Nakamura, de Maurizio Cattelan et Pierpaolo Ferrari et de Gab Bois.

Sa programmation plus riche et plus diversifiée que jamais, réunissant artistes établis et de la relève, expositions, performances, conférences et ateliers le démontre : le festival Chromatic, qui en est à sa 10e édition, est devenu incontournable.

L’Usine C ressemblait à un vaste chantier de construction hier lors du passage de Métro. Plusieurs artistes et ouvriers s’affairaient à installer les structures qui accueilleront la cinquantaine d’œuvres exposées dans le cadre du festival.

«On monopolise l’ensemble des lieux pendant une semaine», explique le directeur de l’événement, Arthur Gaillard, en nous faisant faire le tour du propriétaire. Du sous-sol à la mezzanine, en passant par les couloirs et le jardin, chaque racoin de ce lieu de diffusion culturel phare du quartier Centre-Sud sera investi.

La devise de la France «Liberté, Égalité, Fraternité» pourrait être celle de Chromatic. «On veut demeurer une plateforme expérimentale. Notre programmation s’affine au fil des ans, mais on reste libre. On donne très peu de contraintes aux artistes», assure celui qui est aussi conservateur principal associé de MASSIVart.

Bien qu’ils se soient laissé guider par le thème du pouvoir, les commissaires de l’événement n’ont pas voulu se cantonner à ce sujet. Ainsi, plusieurs artistes ont eu carte blanche pour choisir les créations­ qu’ils exposeront.

L’égalité entre les artistes plus établis et ceux de la relève est un autre principe qui guide Arthur Gaillard et son équipe. «Ça a toujours été la volonté de Chromatic : quand on invite des gens plus connus, ça donne de la visibilité aux plus jeunes», commente-t-il.

Ainsi, si Chromatic a réussi un gros coup en intégrant à sa programmation l’exposition Toilet Paper des réputés artistes italiens Maurizio Cattelan et Pierpaolo Ferrari – qui sera présentée toute l’année à la Galerie Blanc, sur la rue Sainte-Catherine –, Arthur Gaillard est tout aussi fier d’avoir organisé pour la première fois une matinée dédiée aux étudiants en art, question de leur ouvrir quelques portes.

Car, au-delà des expositions mettant en valeur les talents d’artistes visuels de différentes disciplines (photo, peinture, réalité virtuelle, etc.) et de différents horizons, Chromatic cherche à créer des ponts et favoriser les rencontres. Bref, à promouvoir la fraternité dans le milieu de l’art contemporain.

C’est pourquoi diverses conférences invitent tant les néophytes que les initiés à réfléchir notamment à la place des femmes dans l’art, à l’avenir des galeries à l’ère du numérique ou encore à l’art comme outil de révolte. «On a voulu pousser plus loin la réflexion. Je pense qu’on aura des discussions très intéressantes», promet Arthur Gaillard.


Quelques incontournables, selon Arthur Gaillard :
  • Maurizio Cattelan et Pier­paolo Ferrari : «Ils en avaient marre de travailler pour les autres, alors ils ont lancé leur propre magazine d’art contemporain, Toilet Paper. Des pages tapisseront les murs de la Galerie Blanc.»
  • Gab Bois : «C’est drôle, avant qu’on la sélectionne et sans qu’on le sache, Maurizio Cattelan a partagé sur les réseaux sociaux une photo de cette jeune artiste montréalaise peu connue, mais très suivie sur Instragram. Elle en était ravie!»
  • Rajni Perera : «On a la chance d’exposer cette artiste de la Ville Reine qui a d’ailleurs fait l’objet d’une exposition au Musée d’art contemporain de Toronto.»
  • Jake Lafolley : «Il offrira vendredi sa première perfor­mance à Montréal, Hyperglot Caps, une critique des géants du web. Celle-ci sera filmée et un montage sera ensuite projeté jusqu’à la fin du festival­.»
  • Motomishi Nakamura : «Son œuvre est très ludique et très cool. Elle plaira autant aux enfants qu’à des gens vraiment plus férus d’art numérique.»

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