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Moi et l'autre, version 5-0

Les producteurs de la série insistent : pas besoin d’avoir vu Les hauts et les bas de Sophie Paquin pour apprécier son spin-off, Penthouse 5-0. Ça tombe bien, c’est notre cas. Du temps qu’elles étaient à l’antenne de Radio-Canada, les folles aventures de l’alter ego de Suzanne Clément ne nous ont jamais captivé. On avait lâché prise après les trois premiers épisodes, desquels on était ressorti avec un curieux mal de tête. Bonne nouvelle : Penthouse 5-0 ne nous donne pas la migraine… pas plus qu’il ne nous enthousiasme.

Pourquoi? On n’en est pas encore sûr. Chose certaine, notre ambivalence n’a rien à voir avec les excellentes performances de ses deux stars principa­les. Dans la peau de la grossière Lou­lou, devenue VP marketing dans une firme de cosmétiques, Isabelle Vincent éblouit (et ce n’est pas juste en raison de sa garde-robe clinquante essentiellement composée d’imprimés animaliers).

La comédienne fait honneur à ses décolletés plongeants et à son vulgaire rouge à lèvres rouge pompier en mordant dans chacune des répliques, qu’elle soit en train de parler de sa «hot date» (avec un «h» plus qu’aspiré) ou de son attirance tenace pour son ex-mari, joué par Serge
Postigo. «Avec lui, c’est bar open, happy hour!» lance-t-elle. Et quand sa vieille amie Estelle (Élise Guilbault) la prie de l’héberger après lui avoir demandé s’il faut dire «je suis à la rue» ou «je suis dans la rue», elle lui répond bêtement : «On dit « dans la marde »!»

Parlant d’Estelle, l’actrice déchue passée maîtresse dans l’art de nier la réalité, elle donne toujours l’impression d’être en représentation. Has been jus­qu’au bout des ongles, elle adopte un ton mélodramatique à toute heure du jour, peu importe le sujet. Les personnages ont beau être caricaturaux, Isabelle Vincent et Élise Guilbault s’y abandonnent à tel point qu’on y croit.

On aime aussi le généri    que d’ouverture, où la paire prend des poses à la Charlie’s Angels sur des rythmes aux accents rétro. À mi-chemin entre James Bond et Hawaii Five-0, la séquence fait ressortir le côté BD de la série. «On voulait représenter l’univers ludique, simple et facile à comprendre de la série», a noté le réalisateur Claude Desrosiers lors d’un point de presse mercredi.

On ne s’étonne pas d’apprendre que Richard Blaimert regardait Moi et l’autre quand il était petit. Le joyeux tandem imaginé par l’auteur de Penthouse 5-0 évoque le duo formé de Dodo et de Denise à plusieurs égards : la relation amour-haine, la cohabitation, les aventures rocambolesques et les expressions! Au début du second épisode, Loulou lance même un «Ma noire» bien senti à Estelle!

Si Penthouse 5-0 divertit, il ne provoque pas d’éclats de rire. Le rythme est hyper rapide (des épisodes fermés d’une demi-heure), mais les dialogues ne sont pas aussi loufoques qu’on l’aurait souhaité. Les fans de Sophie Paquin devront prendre leur mal en patience, car, outre le retour d’Ophélie, la fille adoptive d’Estelle, Richard Blaimert ne ramènera au­cun de ses ex-héros dans la première saison de Penthouse 5-0. L’auteur préfère miser sur ses nouveaux personnages, parmi lesquels on trouve une boss exigeante (Brigitte Paquette), un policier Casanova (Carl Marotte) et une sympathique bimbo (Bianca Gervais). Quant à la sÅ“ur d’Estelle et à la mère de Loulou, elles seront respectivement interprétées par Sophie Faucher et Micheline Lanctôt.

Penthouse 5-0
À Radio-Canada
Le lundi soir à 21 h 30
À compter du 10 janvier

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