Good Neighbours: petits meurtres entre amis
S’il n’en tenait qu’à lui, Jay Baruchel ne ferait que des films avec ses amis, chez lui, à Montréal. «Alors, quand Jacob Tierney m’a proposé un rôle dans Good Neighbours, avec la même équipe que The Trotsky, je n’ai même pas lu le scénario avant d’accepter!» lance le comédien.
Dans Good Neighbours, adaptation de Chère voisine, de Chrystine Brouillet, Baruchel interprète Victor, un jeune homme qui emménage dans un bloc à appartements de Notre-Dame-de-Grâce. Là vivent aussi Spencer (Scott Speedman), un bel homme cloué dans un fauteuil roulant, Valérie (Anne-Marie Cadieux) une femme malheureuse qui passe ses journées à crier après tout un chacun, et Louise (Emily Hampshire), une serveuse qui n’a qu’un amour : ses deux chats. L’arrivée de Victor coïncide avec une série de meurtres et de viols auxquels Louise s’intéresse fortement.
«J’ai découvert Chère voisine au secondaire, quand j’avais demandé à une prof de français de me suggérer un livre québécois», se souvient Jacob Tierney. Amateur de polars, le jeune homme était tombé amoureux du roman, se disant qu’une adaptation cinématographique serait de mise. «J’ai même commencé à écrire un scénario, qui n’a finalement pas abouti, explique-t-il. C’est sur le tournage de The Trotsky que j’ai vu que Jay, Emily, Anne-Marie seraient parfaits pour jouer les personnages de cette histoire.»
Un nouveau venu s’est joint à la bande de The Trotsky : Scott Speedman. «Étant donné que Spencer est le personnage solitaire, cloué dans son fauteuil roulant, ça l’a probablement aidé de se sentir un peu à part de notre groupe, au début», croit Jay Baruchel. «J’ai voulu donner ce personnage sombre et tordu à Scott parce qu’il joue toujours des bons gars; il a une gueule à jouer les moniteurs de camp, lance Tierney. Quant à Jay, j’ai eu envie de le faire jouer un homme, et non plus un gars!»
Si le cinéaste est dans l’ensemble resté assez fidèle à l’histoire de Chère voisine, rappelons que celle-ci se déroule à Québec dans les années 1980, alors que le film se passe à Montréal, durant le référendum de 1995. Un choix qu’on pourrait associer à la récente controverse causée par le Montréal anglophone que le cinéma de Tierney propose. «En fait, c’est parce que j’ai lu le livre pour la première fois pendant le référendum, explique le cinéaste. Je voulais recréer l’atmosphère du NDG de cette époque.»
Jay Baruchel soutient qu’un échange entre Victor et Spencer, dans lequel le premier se réjouit qu’ils aient gagné et où le second réplique : «Pourquoi avons-« nous » gagné? Parce que nous parlons anglais?» fait référence à une discussion qu’il avait déjà eue avec le réalisateur sur leurs opinions divergentes. «Je crois qu’il a écrit ce dialogue pour se moquer de moi!» dit-il. «Ce n’est pas politique, renchérit Tierney. Le référendum du film est une métaphore des choix des personnages. Mais c’est vrai que j’entends tellement souvent des gens parler en termes de « nous » et de « vous »… C’est qui, « nous »? Pourquoi penserions-nous tous la même chose?»
Good Neighbours
En salle le 3 juin