L’humour et l’histoire peuvent-ils faire bon ménage? C’est le pari qu’a fait Maxim Martin avec son troisième one man show, Tout va bien. De la préhistoire à l’ère contemporaine, l’humoriste y est allé hier d’un «cours d’histoire» en accéléré pour tenter de répondre à une question bien simple : à partir de quand l’humain a-t-il dérapé?
C’est un Maxim Martin assagi qu’on a retrouvé sur la scène du Théâtre St-Denis hier soir. Exit les gags très crus (hormis deux ou trois sacres et plusieurs blagues salées), place aux réflexions cyniques et aux observations mordantes sur la nature humaine. Le spectacle s’ouvre sur l’image d’une famille obèse à la sortie d’un Wal-Mart. «Je sais pas si le Bon Dieu existe ou à quoi il ressemble, mais ça ne pouvait pas être ça, le plan!» a lancé Maxim Martin. Le ton était donné.
Et le spectacle, sans être parfait, a été fort intéressant. Manifestement bien documenté, l’humoriste a décortiqué, l’une après l’autre, les diverses ères de l’humanité. Si quelques gags sentaient un peu le déjà-vu, Maxim Martin a dans l’ensemble réussi à nous faire rire… et même réfléchir.
En début de deuxième partie, changement drastique : l’ancien alcoolique a décidé de faire une parenthèse sur cette période de sa vie. Un aparté pas inintéressant, mais qui jurait un peu avec le reste du spectacle. Martin est néanmoins revenu en force ensuite avec une analyse incisive des principales religions, n’oubliant pas au passage la société moderne, Facebook, la politique, les gaz de schiste et même les albums de Noël. En somme, sans être moralisateur, l’humoriste a dressé un bon portrait général des situations qu’il voulait dénoncer et a démontré qu’il avait gagné en maturité.