«On se paye la traite!» C’est la phrase qu’un Samian visiblement réjoui répète à plusieurs reprises en parlant de son spectacle au Club Soda, jeudi prochain. Un enthousiasme justifié. Après quatre ans à tourner pour son premier, puis pour son deuxième album, le rappeur algonquin a maintenant droit à sa première «vraie» rentrée montréalaise. «J’ai voulu la faire un an plus tard, pour souligner l’anniversaire de Face à la musique, dit le jeune homme. Ça va être un assez gros show! Visuellement, ça va être très cool : on a une metteure en scène, Brigitte Poupart, un scénographe, un danseur traditionnel, un immense tipi sur scène…»
Samian est déterminé à en mettre plein les yeux et les oreilles au public, en interprétant le disque Face à la musique dans son intégralité, accompagné de tous ses collaborateurs invités – sauf Florent Vollant, qui ne pourra être présent. «Ça fait quatre ans que je roule avec un DJ, c’est l’fun, mais là, ça va être complètement autre chose, dit-il. C’est ça, le but d’inviter des gens à jouer sur un disque. Sur scène, c’est une autre ambiance complètement.»
Avec Face à la musique, Samian est devenu une sorte de porte-parole des Premières Nations. «Faire de la musique, ça me permet de dire beaucoup plus de choses qu’en faisant de la politique, assure-t-il. La politique, les religions, tout ça a été inventé pour diviser le monde. La musique a le pouvoir de rassembler les gens, peu importe leurs opinions politiques, leur couleur.»
Le jeune homme fait notamment des tournées dans les écoles pour expliquer aux jeunes la réalité des populations autochtones. «Les profs d’histoire m’aiment pas trop, rigole-t-il. Je dis aux jeunes : « Ce qu’on vous enseigne, là-dedans, c’est pas vrai! C’est pas comme ça que votre pays a été fondé! »»
Mais la partie est loin d’être gagnée, le rappeur en est conscient. C’est pourquoi il compte continuer encore pendant plusieurs années à militer pour la reconnaissance de son peuple. «Mais, d’avoir voyagé comme ça dans la dernière année, ça m’a ouvert l’esprit, croit-il. Oui, je revendique pour les miens, mais si on lit entre les lignes, c’est beaucoup pour l’être humain en général.»
En outre, Samian commence déjà à penser à un troisième opus, qui sera «différent, plus jazzy, plus live band». «Il sera plus personnel, affirme-t-il. Mais le côté engagé sera là… C’est naturel, je ne peux pas m’en empêcher!»
Samian
Au Club Soda
Jeudi à 20 h