Guillermo del Toro: maître des surprises
Les surprises sont la marque de commerce du producteur du film Don’t Be Afraid of the Dark (N’aie pas peur du noir), Guillermo del Toro. Du personnage sinistre de Pale Man dans Pan’s Labyrinth au scarabée mécanique meurtrier du film Cronos, il a habitué les spectateurs à s’attendre à
l’inattendu.
Ayant passé sa carrière à donner la chair de poule aux spectateurs, le réalisateur est à même d’expliquer pourquoi ceux-ci aiment être terrifiés par un film. «Nous recherchons l’extraordinaire dans notre existence ordinaire, avance-t-il. C’est le comportement normal d’un être spirituel. Et les films d’horreur nous permettent de vivre des expériences extraordinaires sans courir de risques extraordinaires.»
«J’ai plus de difficulté à comprendre les émissions de téléréalité que les films de genre, ajoute-t-il. Parce que les films de genre donnent quelque chose qu’on n’a pas dans la réalité. Les émissions de téléréalité montrent des personnes à qui on ne parlerait normalement pas. Pourquoi voudrait-on les regarder?»
Non pas que ce bourreau de travail, tel qu’il se décrit lui-même, ait beaucoup de temps pour regarder des émissions de téléréalité. Lorsqu’il ne produit pas des films sélectionnés aux Oscars, comme Biutiful, il scénarise The Hobbit : An Unexpected Journey ou écrit un nouveau roman avec Chuck Hogan.
Ajoutez à cela le film Pacific Rim, qu’il tournera au cours de la prochaine année à Toronto et qui portera sur une attaque extraterrestre. C’est sans contredit un des hommes les plus affairés de l’industrie.
Passionné par l’horreur depuis son enfance, il a lu Salem’s Lot d’une traite. «Je l’ai lu en 11 heures, de 8 h à 19 h, dans la piscine. D’ailleurs, j’ai attrapé un coup de soleil de deuxième degré cette journée-là!»
Les projets qu’il accepte doivent respecter des critères simples. «On doit seulement s’investir dans les projets qu’on aime de manière irrationnelle, précise-t-il. Je refuse des projets très lucratifs, depuis le début de ma carrière. Je participe aux projets auxquels je crois et je pense que, jusqu’à maintenant, toutes les œuvres que j’ai produites semblent faire partie de cet univers.»