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Conan O'Brien Can't Stop: thérapie par la scène

L’histoire a fait cou­ler beaucoup d’encre. Au début de 2010, l’animateur américain Conan O’Brien, qui remplaçait depuis peu Jay Leno à la barre du  Tonight Show, perd son émission de télévision et se brouille avec NBC. Comme son contrat stipulait qu’il ne pouvait pas travailler chez des diffuseurs concurrents pendant quelques mois (il s’est trouvé un talk-show à TBS en novembre de la même année), l’humoriste a décidé de partir en tournée dans une trentaine de villes.

Cette thérapie par la scène a donné naissance au documentaire Conan O’Brien Can’t Stop, pour lequel le cinéaste Rodman Flender a suivi l’humoriste pendant près de deux mois. «Je trouvais que c’était une belle occasion de montrer un artiste improviser et travailler sans filet, raconte Flender. Ce que je voulais observer, c’est cet homme qui, professionnellement, était à la croisée des chemins. Je voulais voir comment il allait réagir.»

Plus intéressé par le processus de création que par le spectacle en tant que tel, l’essai explore autant la sphère privée que publique de son sujet. Le réalisateur, et ami de Conan O’Brien, affirme avoir eu toute la li-berté nécessaire pour présenter de façon objective  la situation. «Je ne voulais pas faire un film pour gonfler son ego ou l’assassiner publiquement.  Je pense que ç’a été ardu pour lui de voir le film parce que ça ravive plusieurs émotions difficiles. C’est une machine à remonter le temps qui peut être éprouvante, mais il ne m’a pas demandé d’y apporter de changements.»

S’il connaît l’animateur depuis plusieurs années, Rodman Flender n’avait jamais travaillé avec lui auparavant. Son film lui a permis de le voir sous un jour nouveau. «Ce qui m’a le plus surpris, c’est de voir à quel point il a besoin d’un public… ce qui est propre à tous les humoristes, je crois. Et Conan le sait. Il disait d’ailleurs à la blague qu’il était exactement comme la Fée Clochette : sans applau­dissements, il mourrait!»

Du pareil au même
Même s’il a une formation de documentariste et qu’il a réalisé un par le passé (Let Them Eat Rock), Rodman Flender est surtout connu pour ses projets télévisés et ses films d’horreur, comme Idle Hands. Il ne voit d’ailleurs pas beaucoup de différence entre un essai comme Conan O’Brien Can’t Stop et une production telle que The Unborn. «J’ai toujours eu la même approche quand je tourne des films, explique-t-il. Comme je n’ai pas d’argent pour résoudre un problème, je dois trouver une façon plus créative d’y arriver. On manque toujours de temps, de ressources et d’espace, et ce sont des difficultés que j’ai rencontrées sur tous mes films.» 

Conan O’Brien Can’t Stop

Au cinéma Banque Scotia, Cavendish et Colisée Kirkland
Ce soir seulement à 19 h

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