Ancrée dans la vie quotidienne des habitants d’un immeuble du quartier Saint-Roch, à Québec, l’histoire se déroule sous les yeux du lecteur sous forme de tranches de vie. Tout commence avec des cartes postales : différents personnages racontent des fragments de vie anodins. Ces personnages, on les retrouvera ensuite au fil des chapitres, rythmés par les changements d’étages et les voix multiples des locataires.
Comment est né ce recueil?
J’ai commencé par écrire des nouvelles éparpillées, puis je me suis rendu compte qu’il y avait une unité de ton et de thèmes dans ce que j’écrivais. Alors, je me suis dit que je pouvais en faire un recueil où les personnages seraient regroupés dans un même immeuble. C’était presque un exercice de style de les camper dans le même environnement. Ensuite, les idées se sont débloquées très vite, c’était très agréable à écrire.
Pourquoi ce choix d’écrire sur des petits détails de la vie quotidienne?
Quand j’ai commencé à écrire, j’étais en voyage et je crois que j’avais l’impression de retrouver d’une certaine façon mon quotidien de Québec en écrivant ces nouvelles. Et puis, pour moi, le romanesque tient dans l’accumulation des détails du quotidien. J’ai moi-même une vie très ordinaire, comme la plupart des gens. Mais la banalité du quotidien a aussi sa place dans la fiction. Je voulais que ce récit soit tendre, mais pas trop optimiste. Un optimisme démesuré n’est pas réel :
Saint-Roch n’est pas un quartier où tous les gens vont bien.
Y a-t-il une part autobiographique dans ce récit?
J’ai effectivement habité dans un bloc à appartements du quartier Saint-Roch, mais mes voisins n’avaient rien à voir avec mes personnages! Cependant, je pense qu’il y a forcément une part de soi dans un livre, même si c’est de façon détournée… Par exemple, quelques-unes de mes propres angoisses sont incarnées dans les personnages. À Saint-Roch, comme dans la vie, on fait des erreurs et on passe à côté de certaines choses auxquelles on aurait dû s’accrocher davantage. L’écriture permet d’aller au fond des choses dans la fiction et, sans être thérapeutique, ça aide à s’en délester dans la vraie vie.
Le charme discret du café filtre
Amélie Panneton
Les Éditions de la Bagnole