Il aurait été facile de faire un documentaire sur Ayrton Senna en se concentrant sur sa mort tragique. Le réalisateur britannique Asif Kapadia a plutôt décidé de célébrer la vie du mythique pilote brésilien.
«Le film est à propos de sa vie incroyable, de ses batailles sur, et en dehors de la piste», a-t-il expliqué au cours entrevue accordée à Métro.
Senna, qui sera sur les écrans montréalais à partir d’aujourd’hui, raconte la vie du triple champion du monde de Formule 1 de façon chronologique, de ses débuts fulgurants au Japon, en 1984, jusqu’à son accident mortel au Grand Prix d’Imola, en 1994. Dix années de carrière pleines de rebondissements et dont le réalisateur ne s’est jamais lassé.
«Souvent, quand tu fais un film, ton sujet finit par t’ennuyer. Ce n’est pas arrivé dans le cas de Senna. Je pense sincèrement que c’est un homme d’exception, pas seulement un pilote de génie.»
Toute cette passion pour l’homme, on la sent dans le film, qui est bien loin du documentaire traditionnel. Aucune entrevue à l’écran ne vient casser le rythme. L’histoire nous est racontée avec une quantité impressionnante d’images d’archives et de voix hors champ. «Nous avions tellement d’images que nous n’avions pas besoin de personne pour venir nous dire à quel point Senna était extraordinaire. Nous pouvions simplement le montrer», a raconté Kapadia.
L’abondance d’archives sert bien le film, surtout durant la séquence précédant le décès du mythique pilote brésilien. «La plupart des images qu’on voit sont exclusives. Il a l’air si seul. Il n’est plus du tout en amour avec la F1, mais il ne peut pas abandonner à cause de sa personnalité de battant.»
La rivalité
Au-delà de ses championnats et de ses victoires, la rivalité avec le pilote Alain Prost a été le point marquant de la carrière de Senna. Les deux pilotes, qui ont été coéquipiers chez McLaren, se sont livré des batailles épiques durant plusieurs années. «Ç’a été une rivalité tellement capitale, affirme Asif Kapadia. Les deux pilotes étaient rendus au point d’entrer en collision entre eux pour empêcher l’autre de gagner.»
Le pilote français ressort de l’exercice passablement écorché. «Je ne suis pas anti-Prost; nous voulions raconter l’histoire du point de vue de Senna, précise le réalisateur. Si nous avions essayé de présenter les deux côtés de la médaille, le résultat n’aurait jamais été aussi intéressant.»
Le président de la Fédération internationale de l’automobile de l’époque, Jean-Marie Balestre, est surtout celui que le film vise par ses critiques. Selon le réalisateur, et bon nombre d’amateurs de F1, Balestre a souvent privilégié Prost aux dépens de Senna.
La ronde des festivals
Senna a été sacré Meilleur documentaire au dernier Festival de Sundance. Il a également été bien reçu au Royaume-Uni, au Japon et au Brésil.
Senna
En salle dès vendredi