Le film lauréat du César du Meilleur film d’animation débarque à Montréal dans le cadre du Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM). Métro a discuté avec Vincent Patar et Stéphane Aubier, deux des trois coréalisateurs de cet hommage à l’univers de la regrettée auteure belge Gabrielle Vincent.
C’est d’abord la famille de Gabrielle Vincent, créatrice d’Ernest et Célestine, qui a eu envie de remettre au goût du jour l’amitié entre le gros ours bourru Ernest et la vive petite souris Célestine. À partir de la publication du premier tome, au début des années 1980, cette série d’albums illustrés a connu un vif succès auprès de la jeunesse jusqu’au décès de son auteure en 2000. «La famille de Gabrielle Vincent a fait savoir que si quelqu’un avait un beau projet de film d’animation avec ces personnages, elle était prête à céder les droits», explique le Belge Stéphane Aubier, du duo Aubier-Patar, à qui on doit notamment le film d’animation Panique au village. «Didier Brunner – producteur, notamment, de la série Kirikou et d’autres films d’animation français – a été intéressé et s’est dit que, s’il devait demander à un scénariste de mettre en place un projet comme ça, ça serait Daniel Pennac.»
L’écrivain connaissant déjà Gabrielle Vincent, avec qui il avait jadis entretenu une correspondance épistolaire, a accepté de se prêter au jeu de la scénarisation. À la recherche d’un réalisateur, Didier Brunner a déniché un dénommé Benjamin Renner, un cinéaste fraîchement sorti de l’école d’animation La poudrière, à Valence. Nommé réalisateur principal du film, le jeune homme a fait savoir qu’il souhaitait être assisté de cinéastes expérimentés : c’est là que sont entrés en scène Vincent Patar et Stéphane Aubier.
«Au début, nous, on était un peu inquiets – et Benjamin aussi – parce qu’on n’était pas sûrs que ça allait marcher, un film réalisé en trio. Et puis finalement, quand on s’est retrouvés ensemble dans une salle et qu’on a parlé du scénario, on s’est rendu compte que, tous les trois, on avait la même vision du film en tête, ce qui était plutôt rassurant, lance Stéphane. Au départ, personne ne savait trop ce que ça allait donner, mais on s’est rendu compte après plusieurs discussions qu’on était tous sur la même longueur d’onde. Le défi, c’était d’arriver au bout de ce film et que tout le monde y trouve sa place.»
Le scénario d’Ernest et Célestine tel qu’imaginé par Daniel Pennac est en fait une sorte d’antépisode de la série de livres. On y rencontre Ernest, un ours clown et musicien à qui Lambert Wilson prête sa voix, et Célestine (Pauline Brunner), qui pour sa part évolue dans le monde sous-terrain des souris – qui, on s’en doute, ne fraie pas avec celui des ours. Sauf pour aller faire la cueillette des dents de lait, puisque chez les ours aussi, on croit au mythe de la petite souris qui récolte les dents laissées sous l’oreiller. C’est au cours d’un de ces voyages qu’elle fait la rencontre d’Ernest; s’ensuivront une série de mésaventures… et une belle amitié.
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Tout en s’efforçant de demeurer fidèle au style particulier de Gabrielle Vincent, chacun des créateurs a mis sa touche personnelle au projet, à commencer par Daniel Pennac, dont on reconnaît bien les traits d’humour. Un univers pour les enfants où les adultes se retrouveront aussi, ce à quoi ne sont pas étrangers Patar et Aubier. «On ne connaissait pas bien Daniel Pennac avant ce projet, mais ç’a été le coup de foudre entre nous; on s’est très vite compris», assure Vincent Patar.
«C’est plus confortable de travailler avec un vrai scénariste, qui a de très bonnes choses à son actif en plus, ajoute Stéphane Aubier. C’était la première fois qu’on travaillait comme ça, puisque d’habitude, on écrit notre propre matériel. Et quand Pennac a découvert notre travail, il a vraiment bien aimé aussi et nous a demandé de teinter le scénario de notre personnalité. C’est ce qu’on a essayé de faire.»
Ernest et Célestine
En salle dès vendredi
