Le passage des années a bien souvent raison de la fougue et de l’audace des artistes. Pour le peintre et sculpteur Armand Vaillancourt, il n’en est rien. «Je suis plus en colère que je l’ai jamais été», fait valoir l’homme de 82 ans.
Rencontré dans son atelier du Mile-End, M. Vaillancourt s’affaire aux derniers préparatifs de l’exposition Pas de printemps à perdre, qui commence demain à la Maison du Festival de jazz. Il est inutile de le talonner pour en savoir plus sur les grandes lignes de ce projet. «Parler d’esthétique n’a jamais été mon dada. Ce que je pousse à fond dans mes œuvres, c’est l’engagement social.»
On ne le contredira pas là-dessus, surtout qu’il tire à boulets rouges sur l’actualité tout au long de l’entretien. Les gaz de schiste, l’indécision des souverainistes, le gouvernement conservateur… Armand Vaillancourt prend position sur une foule de sujets, toujours avec la même passion. «Je m’insurge contre la bêtise, la lâcheté, l’opportunisme… des choses qui ne changeront jamais. Mon art est une façon de m’opposer, de rester debout», déclare-t-il.
Les propos de l’artiste illustrent avec force la nature des œuvres présentées dans sa nouvelle exposition. Des pièces à caractère social (les bâtons de golf d’Earl Jones bouchant une toilette, par exemple), empreintes d’une urgence de créer, de dire et d’agir.
À écouter ce citoyen engagé, l’expression Pas de printemps à perdre prend rapidement tout son sens. Armand Vaillancourt exige des solutions immédiates aux questions sociales inscrites en plein cœur de son œuvre.
«Personne n’a de saison à perdre! Les minutes passent, mais ce n’est pas qu’une question de temps. Gaspiller un printemps, c’est perdre une moisson, une jeunesse et une occasion de renouveau», rappelle ce grand amoureux de la terre et de la nature.
Signe que l’artiste mont-réalais rate très peu d’occasions de se renouveler, l’exposition comprend une cinquantaine d’œuvres va-riées dont certaines datent des derniers mois. «Pour Armand, tous les objets et les formes stimulent la création. C’est un processus qui ne s’arrête jamais», indique sa femme, Johanne Beaulieu.
À la fin de l’entretien, l’artiste s’extasie devant un objet ramassé la veille sur la rue. «C’est superbe! Ça va me servir de pochoir», fait-il remarquer. De toute évidence, la force vive qui anime Armand Vaillancourt n’est pas près de faiblir.
Art performance
Dans le cadre de sa nouvelle exposition, Armand Vaillancourt participera à une performance de rue le 8 septembre. L’artiste s’adonnera à des activités de création sur la rue Balmoral, qui borde la Maison du Festival de jazz.
Pas de printemps à perdre
Maison du Festival de Jazz
Du 4 août au 18 septembre
Entrée libre