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Philippe Claudel veut faire du bien

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Philippe Claudel le dit d’emblée : ce qui l’intéressait, en tournant le film Tous les soleils, c’était de faire du bien aux gens. «Je voulais qu’on passe un bon moment avec ces personnages, qu’on sorte de la salle en étant chargé d’une espèce d’énergie humaine, soutient-il. Il n’y a pas  d’équivalent en français, mais c’est vraiment un feel good movie.»

Après s’être plongé dans le drame avec son premier long métrage, Il y a longtemps que je t’aime, Philippe Claudel a eu envie de changer de registre. Mais pas de thématique, puisque la famille est à nouveau au cœur des préoccupations du cinéaste, comme c’était le cas dans son premier film.

Dans Tous les soleils, on suit Alessandro, un Italien veuf (Stefano Accorsi) vivant à Strasbourg avec sa fille, qui entre dans l’adolescence, et son frère, qui se proclame «réfugié politique» jusqu’à ce que Berlusconi quitte le pouvoir en Italie.

Le fait de mettre en scène des personnages italiens était très important pour Philippe Claudel, et ce, pour plusieurs raisons. «Ça me permettait de travailler avec cette culture italienne, que j’adore, cette langue, ces personnalités très expansives, et de faire un clin d’œil au cinéma italien, explique-t-il. Je voulais aussi montrer qu’aujourd’hui, les questions de nationalité; c’est un peu futil; nos amours, nos professions nous emmènent à des endroits où on n’est pas forcément nés, où on se sent bien et qui deviennent nôtres.»

Cette fois, c’est principalement sur la relation père-fille que Claudel s’est concentré. «J’aime bien réfléchir sur les rapports humains. J’ai moi-même une fille de 13 ans, explique-t-il, et je sais à quel point on peut se demander 😕 »Est-ce que j’ai bien agi??Est-ce que j’ai été trop permissif, ou pas assez présent? »»

Encore une fois, la thématique de l’absence est au cœur du scénario. Dans le cas d’Alessandro, sa jeune épouse décédée prend toute la place, et on arrive à un moment de sa vie où il va enfin commencer à passer à autre chose grâce à son entourage, raconte le réalisateur. Je m’interroge beaucoup sur la façon dont on peut s’arranger avec la présence des morts.

Il y en a qui prennent trop de place, et d’autres qui n’en prennent pas assez. Le rapport au souvenir, c’est une problématique humai­ne, c’est ce qui nous distingue des autres espèces. Mais il faut leur trouver la bonne place.»

Film ou roman?
Avant de devenir cinéaste, Philippe Claudel a été connu pour ses romans. Et il assure ne pas «décider» si un projet sera pour le grand écran ou pour les pages d’un livre. «Je le sais immédiatement, dit-il. Les histoires de cinéma me viennent plus globalement, je vois immédiatement tout le film. Pour un roman, je ne sais pas comment ça finira.»

À chaque nouveau film, Philippe Claudel souhaite changer de genre cinématographi­que, comme il l’a fait pour Il y a longtemps que je t’aime et Tous les soleils. «Le troisième sera certainement encore différent, assure-t-il. J’ai une idée de film historique, notamment, et aussi un projet de thriller intimiste, qui me permettrait d’entrer dans un autre univers, une autre ambiance et un autre langage de cinéma.»

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