Big Bang au Musée des beaux-arts: ode à la liberté
Qui aurait cru voir un jour au Musée des beaux-arts (MBAM) des œuvre de Pierre Lapointe, de Wajdi Mouawad ou de Marie Chouinard? Aussi prestigieux soient-ils, ces artistes ne sont pas de ceux qu’on associe naturellement aux musées. Et c’est ce qui a plu à la directrice du MBAM, Nathalie Bondil.
«L’idée derrière l’exposition Big Bang était de remettre la créativité au cœur du musée et de décloisonner les approches des œuvres d’art, explique-t-elle. En somme, c’est une ode à la liberté.»
Pour monter Big Bang, le musée a fait appel à des artistes de diverses disciplines en leur proposant de choisir un objet de sa collection permanente et de s’en inspirer pour créer une nouvelle œuvre. «Les artistes d’hier inspirent les artistes d’aujourd’hui, souligne Nathalie Bondil. Le big bang, c’est une chaîne de création continue, qui n’arrête jamais.»
«Ça va être une jolie exposition, pleine de belles idées, promet Michel Rabagliati, qui assure la représentation de la bande dessinée dans l’exposition. Pour ma part, j’ai créé une bande dessinée en m’inspirant de l’histoire du musée quand il était au square Viger. Ça se passe en 1800. Un petit garçon arrive au musée avec sa mère, elle prend le thé, et lui, il est lâché lousse dans le musée! Il y a un clin d’œil à la fin à la sculpture Les sirènes…»
Jeannot Painchaud, du Cirque Éloize, a dû changer sa façon de travailler : «Ma première question a été : « Est-ce que je peux avoir des artistes dans la pièce? » Mais non, c’était la seule contrainte.»
La première chose que lui a évoqué la toile Le cirque est l’environnement sonore d’une salle d’entraînement. «On a monté une bande sonore avec ça, qui est accompagnée de projections un peu fantomatiques de corps en train d’exécuter des gestes», décrit-il.
«J’aime beaucoup ces expositions où on met l’aspect académique de l’art de côté, dit Nathalie Bondil. Voir ces œuvres exploser dans toutes sortes de directions différentes, ça nous montre qu’elles parlent le langage de l’émotion, et c’est ce qui fait que l’art continue à vivre.»
Enfin reconnus
S’ils viennent de deux disciplines différentes, Michel?Rabagliati et Jeannot Painchaud s’impliquent tous deux pour que leur médium soit reconnu comme une de l’art à part entière, et l’exposition Big Bang est pour chacun un bel exemple de cette reconnaissance.
«Au début, je me disais : « Ils se sont trompés, je ne suis pas de la trempe des artistes de cette expo, lance Painchaud. Mais depuis plusieurs années, le cirque s’est réinventé, et de l’emmener dans une exposition au Musée des beaux-arts, c’est un honneur, ça sous-entend que les gens reconnaissent sa valeur artistique.»
«C’est sûr que c’est très flatteur, ajoute Rabagliati. C’est un honneur pour moi et pour la bande dessinée, un médium qu’on retrouve rarement dans les musées, à part à Angoulême ou à Bruxelles. C’est la première et sûrement la dernière fois que mon travail sera exposé au Musée des beaux-arts, alors j’en profite!»
Les artistes
D’autres artistes qui se sont prêtés au jeu :
- Melissa Auf Der Maur
(Le hallebardier, de Ferdinand Hodler) - Wajdi Mouawad
(Autoportrait allaitant, de Catherine Opie) - Marie Chouinard
(boîte à encens du Japon)
Big bang
Au Musée des beaux-arts
Du 6 novembre au 22 janvier