Maia Davies est formelle : son groupe, Ladies of the Canyon, ne fait pas de la musique country-folk pour profiter du regain de popularité de ce style.
«Si ça revient à la mode, on ne le remarque pas vraiment; on est dans notre bulle, on fait ce qu’on a envie de faire, assure-t-elle. Les groupes qu’on écoute datent presque tous d’avant 1979. On se dit souvent qu’on voudrait construire une machine à voyager dans le temps pour enfin être un vrai groupe des années 1970!»
Mais même en 2011, le quatuor féminin a su joindre un large public avec son premier album, Haunted Woman. À preuve : voilà maintenant un an et demi, depuis la sortie de l’opus, que les quatre amies n’ont pas eu l’occasion de souffler. C’est d’ailleurs pour marquer la fin de cette première étape que les musiciennes fouleront les planches du Théâtre Corona, à Montréal.
«C’est le premier endroit où on a joué qui n’était pas un bar, se souvient Maia. On avait envie de boucler la boucle à la maison, puisqu’on habite toutes à Montréal et que c’est ici que tout a commencé.»
Les quatre comparses promettent un long spectacle, au cours duquel elles joueront, en plus des pièces de Haunted Woman, du nouveau matériel ainsi que «plusieurs chansons de nos groupes préférés, réinterprétées à notre manière… des artistes des années 1960-1970, bien sûr!» lance Maia.
De nouvelles chansons, oui, puisque les filles ont commencé, lentement mais sûrement, à travailler sur un prochain album. «C’est un gros projet, alors on y va doucement», explique la chanteuse.
Et comment crée-t-on un disque à… 16 mains? Car en plus de chanter, chacune des Ladies of the Canyon met la main à la pâte quand vient le temps d’écrire. «On fait ça ensemble et individuellement, explique Maia. On écrit des chansons individuellement, puis on les travaille ensemble. Des fois, chez Jasmine, on prend une guitare acoustique et on s’invente une histoire; d’autres fois, Anna, Sonya et moi, nous improvisions en studio et nous finissons par écrire une pièce… C’est toujours différent. Tous les moyens sont bons pour stimuler notre créativité.»
En ce qui a trait au style de chacune, Maia considère qu’il se distingue selon les influences du moment. «Nous écoutons tellement de musique que ça finit par nous influencer en période de composition. Notre dernier album trahit le fait que j’écoutais beaucoup de George Jones et de Dolly Parton à l’époque, alors que tout ce que j’ai écrit dans la dernière année semble influencé par Tom Petty. Anna, elle, est influencée par America, Neil Young…»
Pour ce qui est des textes, par contre, les histoires d’amour sont au centre des préoccupations des quatre jeunes femmes, et pas seulement parce que le country est un style qui se prête aux déchirantes histoires de cœur : «Peu importe le style de musique qu’on adopterait, c’est sûr qu’on parlerait d’amour, parce qu’on est quatre personnes très honnêtes, parfois trop! lance Maia avant d’éclater d’un rire communicatif. On est incapables de cacher nos émotions, et ça s’entend dans nos chansons, je crois.»
«Je pense qu’on a un groupe!»
Au départ, Maia Davies, Senja Sargeant, Jasmine Bleile et Anna Ruddick étaient amies, mais chantaient toutes dans des groupes différents. «On se voyait souvent dans les bars, jusqu’à ce qu’on commence à manquer d’argent, se souvient Maia. Comme on ne pouvait plus sortir, on a commencé à se tenir chez Jasmine, où on jouait de la guitare ensemble. Un jour, une de nous a dit?: « Eh! J’ai une chanson, veux-tu l’entendre? » et une autre a renchéri : « Ah, moi aussi! »»
C’est ainsi que leur collaboration a commencé, jusqu’à ce qu’Anna remarque : «C’est bizarre, mais je pense qu’on a un groupe!» «C’est comme ça qu’on a formé un groupe dans lequel il n’y a pas vraiment de chef, explique Maia. C’est une dynamique qu’on veut préserver!»
Ladies of the Canyon
Au Théâtre Corona
Samedi à 21 h