Avec son plus récent clip, Hype, The New Cities privilégie une approche à la fois sombre et sexy. Dans les paroles de sa chanson, deuxième extrait de l’album Kill the Lights, le groupe de Trois-Rivières s’en prend à la musique préfabriquée que les radios et l’industrie tentent de nous entrer de force dans le canal auditif, reprenant, d’une manière pour le moins édulcorée, le célèbre slogan «Don’t Believe The Hype» de Public Enemy.
Une attitude étonnante de la part d’une formation qui, justement, propose des musiques faites sur mesure pour les écoutes répétées qu’imposent les radios (le précédent hit du groupe, Heatwave, a été composé en compagnie de The Matrix, une équipe d’auteurs qui se trouvent derrière plusieurs succès d’Avril Lavigne, entre autres). Mais on n’enlèvera pas aux New Cities le droit de critiquer l’industrie qui les nourrit.
Pour dénoncer la dictature de la superficialité, le clip a pour décor un des défilés de mode les plus cyniques et lugubres de la planète. Les filles sont jolies, certes, mais complètement blasées et peut-être atteintes de vampirisme (elles montrent les dents et boivent des chopines de sang).
L’image, aux couleurs saturées, est assez sombre et parfois volontairement floue, et le montage rapide contribue à dynamiser l’ensemble, mais c’est vers la fin que le clip prend feu… littéralement. Le chanteur du groupe, David Brown, craque une allumette et choisit d’incendier la passerelle pendant qu’il chante sa chanson.
Une fin pas trop jojo qui nous montre une autre facette du sextette québécois.
La marche des monstres
Karim Ouellet/Le monstre
Il y a quelque chose de charmant et de troublant dans le plus récent clip de Karim Ouellet, Le monstre. La bête dont il est question dans le titre est de celles qu’on retrouve sous son lit durant l’enfance, mais le jeune adulte s’en sert comme la métaphore de toutes les peurs qu’on passe sa vie à combattre.
Dans le clip, toutefois, ces monstres sont bien réels et ils marchent tous à la suite de Karim, qui déambule dans les rues d’une banlieue en chantant nonchalamment. Au bout de quelques couplets, il est rejoint par une véritable escouade monstrueuse qu’on croirait sortie du film Freaks (un classique réalisé par Tod Browning en 1932, à voir).
Lorsqu’un géant affublé d’un goitre répugnant décide de se joindre à la fête, faisant trembler l’asphalte à chaque pas, la musique s’arrête. C’est alors que Karim empoigne sa guitare pour amadouer la créature.
On entend tout à coup la chanson en prise directe et les monstres encerclent docilement l’artiste, dansant au rythme de la musique. «Je n’ai plus peur de toi», dit la chanson. L’art triomphe de nouveau, transformant la laideur en quelques accords mineurs, faisant écho à la phrase d’Alfred Jarry placée en exergue : «J’appelle monstre toute originale inépuisable beauté.»
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Le samedi à 15 h
Hype de The New Cities
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=hqYbEMHqN9k&w=560&h=315]
Le monstre de Karim Ouellet
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=NicaURpAKLE&w=560&h=315]