Culture

Symphonie sympathique avec Rufus Wainwright

Si les spectateurs sont sortis tout sourire hier soir de la Maison symphonique, satisfaits, c’est qu’ils ont succombé aux charmes de Rufus Wainwright qui a su s’approprier ce concert symphonique.

Plus le spectacle avançait, plus on le voyait prendre plaisir à être là. Et ce plaisir a été contagieux.

Il faut dire que la première et la deuxième partie du spectacle ont été contrastées, et c’est le moins qu’on puisse dire.

Pendant la première, Wainwright et l’Orchestre symphonique de Montréal ont étrangement mis la table pour une soirée qu’on pourrait qualifier d’austère pour les spectateurs. Après une pièce instrumentale de Mendelssohn, le chef d’orchestre Simon Leclerc a fait sortir l’invité des coulisses. Déjà, la salle lui a réservé un bel accueil bien senti.

Puis Wainwright s’est lancé dans l’interprétation de cinq sonnets de Shakespeare qu’il a mis en musique et arrangés pour un spectacle anniversaire en 2009. On peut penser que la majorité des personnes présentes ce soir-là entendaient ces pièces pour la première fois. Parfois un peu étranges mais contenant de très jolis passages, ces mélodies servaient inévitablement un texte que Wainwright n’a pas su prononcer assez pour le rendre compréhensible à ces nouvelles oreilles. Les spectateurs ont été dociles et ont applaudi poliment qu’à la fin des cinq pièces.

Un piano à queue est apparu sur scène pendant l’entracte et, dans la deuxième partie, tout a éclaté. Wainwright est allé butiner un peu partout dans son répertoire. De Vibrate à un extrait de son opéra Prima Donna, en passant par deux chansons tirées du spectacle hommage à Judy Garland. Les frontières entre le classique et la pop ont été traversées plusieurs fois.

Avec, au centre, l’interprétation de trois pièces du cycle Les nuits d’été de Berlioz. Trois chansons en français que Wainwright a avoué être en train d’apprendre… Ce n’était pas parfait, mais le public avait été averti.

Puis Wainwright a fait une petite place à sa famille. Tout d’abord, une Martha Wainwright radieuse est venue chanter La complainte de la butte pour faire de belles harmonies avec son frère. Puis tout le clan est monté sur scène pour chanter une chanson de Kate McGarrigle, la mère de la vedette de la soirée, Entre la jeunesse et la sagesse. La présence d’Anna McGarrigle qui a chanté sa partie habituelle pour cette chanson était bouleversante.

Évidemment, tout ça présenté de manière fort sympathique par l’invité de l’OSM. En français comme en anglais d’ailleurs. Il s’est même amusé à noter : «Je vais parler en anglais maintenant ; il y a beaucoup de matériel en français dans ce spectacle. Juste pour équilibrer les choses.»

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