Déjà, sur papier, l’idée de Poupoupidou était alléchante. Pour raconter avec dérision le destin tragique d’une starlette locale du point de vue d’un écrivain désabusé en manque d’inspiration, il fallait une sacrée dose d’imagination.
C’est le cas du réalisateur Gérald Hustache-Mathieu, qui continue d’imposer son univers singulier après le délicat Avril, sorti en 2006. Le cinéaste n’a pas hésité cette fois à se frotter à des références prestigieuses comme les frères Coen ou David Lynch pour construire son «polar d’amour».
Les paysages de Mouthe, petite bourgade perdue dans le Jura où se déroule l’intrigue, évoquent ainsi parfois les grands espaces lumineux de l’Alaska. «Je trouve que le cinéma français manque parfois d’audace», confie celui qui se dit malgré tout «en concurrence déloyale avec le cinéma américain et ses mythes, ses couleurs, ses personnages, sa grammaire face auxquels il est difficile de faire le poids».
En plus d’installer une ambiance captivante digne des meilleurs thrillers de James Ellroy, le réalisateur français ose s’attaquer à Marilyn Monroe en faisant passer son héroïne, jouée par Sophie Quinton, pour sa réincarnation. Une idée ambitieuse qui cadre avec la volonté du réalisateur de «donner du plaisir au spectateur».
«Ça peut paraître totalement inconscient, comme quelqu’un qui enfilerait des baskets pour gravir l’Everest. Cependant, quand on essaie de mener des combats aussi grands, on prend le risque d’échouer, mais le mythe peut aussi vous porter très haut», indique le cinéaste.
Quid de la réputation fragile du cinéma hexagonal? «J’estime que ce sera toujours plus facile de filmer un flic du FBI qu’un gendarme à képi, et une Ford Mustang qu’une Clio grise. Mais j’aime l’idée qu’on puisse s’en sortir en soignant la forme, la lumière, les costumes et les couleurs», affirme le réalisateur.
Poupoupidou
En salle dès vendredi