Culture

Matt Damon contre les microbes

Si travailler avec Steven Soderbergh est quelque chose qui va de soi pour Matt Damon – les deux ont collaboré aux trois films Ocean’s, à Che et à The Informant! –, la manière qu’a eue l’éclectique réalisateur de lui présenter le scénario de Contagion l’a laissé perplexe. «Il me l’a envoyé avec une note disant : « Lis ça, puis lave-toi les mains »», se remémore le comédien.

La mise en garde ne sortait pas de nulle part, puisque l’histoire que raconte Contagion a de quoi inquiéter : un nouveau virus se répand sur Terre, causant une épidémie, tandis que les scientifiques et les médecins s’affairent à trouver un remède et que les gouvernements tentent d’em­pêcher les populations de sombrer dans le chaos. Ce qui a le plus surpris Soderbergh durant le tournage est la facili­té avec laquelle le film s’est fait. «Tout le monde estimait qu’il y avait lieu de produire un long métrage hyperréaliste sur un tel sujet. Personne n’a hésité, raconte-t-il. Tout a été très vite – inha­bituellement vite, pour tout dire, si on considère la façon dont les choses se font dans notre domaine.»

Matt Damon explique que Contagion n’a pas réellement changé son attitude à l’égard des catastrophes. Il ajoute néanmoins que, sur ce plan, il n’a jamais été très fort. «Après le séisme de Northridge [près de Los Angeles, en 1994], j’ai laissé une lampe de poche à côté de mon lit pendant deux semaines, et puis j’ai fini par oublier», raconte-t-il. Il précise toutefois qu’aujourd’hui, étant père, il prête quand même un peu plus attention à la question. «Je suis peut-être plus protecteur maintenant que j’ai des enfants, dit-il. Pour moi, ma femme a pour nom « Alerte rouge ». Je vais même parfois voir mes enfants pour m’assurer qu’ils respirent.»

Soderbergh, pour sa part, affirme que Contagion l’a rendu plus conscient des dangers microscopiques qui l’entou­rent. «Je ne sais pas si mon comportement a chan­gé. Je suis simplement pleinement conscient de cette réalité maintenant», dit-il. Mais tout n’est pas que peur et paranoïa dans cette histoire, ajoute Soderbergh. La sortie du film a ainsi donné lieu à des situations fort divertissantes. «Il était amusant, à l’avant-première, de voir les lumières s’allumer et 400 personnes réaliser qu’elles se trouvaient à côté de parfaits inconnus et qu’elles avaient touché à tout, raconte-t-il avec une lueur malicieuse dans les yeux. À les voir, vous pouviez être certain qu’elles n’étaient pas contentes.»

De gros noms
Matt Damon n’est que l’un des gros noms de la distribution réunie par Soderbergh pour Contagion, qui se présente comme une sorte de descendant plus intelligent des films catastrophes des années 1970 bourrés de stars comme The Poseidon Adventure et The Towering Inferno. On retrouve ainsi, jouant la femme de Damon – et le patient zéro de l’épidémie – Gwyneth Paltrow, tandis que leur partenaire dans The Talented Mr. Ripley, Jude Law, incarne un blogueur oppor­tuniste. Du côté de ceux qui luttent contre l’épidémie, citons Marion Cotillard dans le rôle d’une enquêteuse de l’Organisation mondiale de la Santé, ainsi que Kate Winslet et Laurence Fishburne, deux agents du Center for Disease Control (Centre pour le contrôle des maladies) travaillant sur le territoire américain.

Contagion
En salle dès vendredi

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