Culture

Coteau Rouge: so-so-so… Solidarité!

Jessica Émond-Ferrat - Métro

La solidarité. Voilà la valeur qu’André Forcier souhaitait mettre de l’avant dans son dernier long mé­trage, Coteau Rouge, dont le titre fait référence au nom du quartier de Longueuil où demeure le cinéaste.

«Ce qui se passe dans ce quartier, c’est le reflet de notre société, explique-t-il. Et si j’ai autant insisté sur la notion de solidarité, c’est parce que c’est ça, la véritable solution à la gentrification des quartiers ouvriers.»

Fable des temps moder­nes, Coteau Rouge tourne autour de la famille Blanchard, dont le grand-père, Honoré (Paolo Noël), ancien vidangeur de cadavres, croit dur comme fer être le fils d’un esturgeon géant – qui l’aide à se débarrasser des corps qu’il jette dans la rivière. Il y a aussi son fils Fernand (Gaston Lepage), qui a lui-même deux enfants, Henri (Mario St-Amand) et Hélène (Céline Bonnier).

Le premier accompagne sa femme atteinte du cancer (Hélène Reeves) dans ses derniers moments, alors que la seconde coule des jours heureux auprès d’un riche promoteur, Éric Miljours (Roy Dupuis), qui s’est mis en tête de racheter les maisons de tout le quartier pour les remplacer par des condos.

Roy Dupuis, que tous connaissent bien comme un ardent défenseur de l’environnement, avoue s’être beaucoup amusé à jouer les promoteurs véreux. «C’est souvent plus facile de jouer un personnage qui est éloigné de ce qu’on est, explique-t-il. Quand on se joue soi-même, on a davantage l’impression de se li­­­­vrer. Cela dit, je mets du mien dans chaque personna­ge que je joue. Si j’avais été un crosseur, je l’aurais probablement été à la façon de Miljours!» Forcier ajoute : «Entre vous et moi, c’était un peu voulu, de donner à Roy un rôle de crétin, pour changer!»

S’il a de nouveau fait appel aux «grands acteurs» avec qui il se «considère chanceux de travailler», le cinéaste compte aussi un nou­­veau venu dans son univers : le comédien Paolo Noël. Un choix qui s’est imposé pour le rôle du grand-père : «Tout le monde aime Paolo, il dégage une telle bonhommie, il était parfait», explique Forcier.

L’acteur, quant à lui, a beaucoup apprécié la tendresse qui se dégageait du scénario. «C’est bon, des fois, pour un acteur, d’avoir de l’émotion, dit-il. Parfois, quand on répète 5 fois, 10 fois un texte, ça devient méca­ni­que. Alors que là, je ressentais vraiment ce que le personnage vivait.»

Jamais pareil
Gaston Lepage souligne que, même après six films tournés avec André Forcier («Ça devient une mauvaise habitude pour lui de me faire jouer dans ses films!» blague l’acteur), les rôles se suivent, mais ne se ressemblent pas. «Dans ce cas-ci, encore une fois, c’est le scénario qui m’a attiré. Ce genre de saga familiale me faisait penser à une histoire de Pagnol, dit-il. Forcier a une ima­­gerie assez débridée, les rôles ne se ressemblent jamais.»

À l’instar de Gaston Lepage, de Céline Bonnier, de Mario Saint-Amand et de Louise Laparé, Roy Dupuis n’en était pas à sa première collaboration avec Forcier. L’acteur déclare d’ailleurs qu’il ne peut jamais refuser un rôle que Forcier lui offre.

«Chaque fois, il me surprend, explique-t-il. Et c’est ce que je demande à un scénario. Quand je me fais demander : « Roy, il y a-tu un rôle que tu voudrais faire dans la vie? », je réponds que je n’en ai pas, de rôle idéal, parce que ce que je demande à un scénariste, c’est de me surprendre avec l’histoire qu’il va raconter. C’est ce que j’aime, ce qui vient me chercher.»

Coteau Rouge
En salle dès vendredi

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