Le batteur de Motörhead nous parle de regrets, d’indépendance et de cadence. Entretien avec un passionné qui en a vu d’autres.
Vous jouez de la batterie depuis les années 1970. Vous vous rappelez de votre tout premier instrument?
Oh, bien sûr! Je l’avais reçu en cadeau pour le Noël de mes cinq ans. C’est mon oncle, qui jouait avec le groupe suédois The Drifters, qui avait des contacts dans une boutique qui me l’a dénichée. C’était une batterie Sonor de cinq morceaux dorée et brillante. Magnifique.
Vous l’avez gardée?
Non! J’ai été tellement con! Quand j’ai été plus vieux, je l’ai échangée pour un maudit kit Pearl. Ça fait des années et des années que j’essaye de la retrouver, sans succès. C’est terrible.
Au cours de votre vie, vous avez joué avec plusieurs groupes [Geisha, King Diamond…]. Sentez-vous que votre style a beaucoup changé au cours de votre carrière?
Hmm… non, je ne pense pas qu’il ait beaucoup changé, simplement je suis devenu plus mature et plus polyvalent! J’ai toujours voulu être un batteur capable de jouer plusieurs styles, puisque j’aime toutes sortes de genres différents. Même si mon cœur est toujours resté fidèle au hard rock, bien sûr!
Est-ce que le fait de faire partie de Motörhead [depuis 1992] a changé votre son?
Un petit peu, oui. Je crois que je suis devenu plus puissant!
Motörhead, c’est FORT et RAPIDE. Est-ce que vous vivez votre vie de la même façon?
Disons que j’ai dû ralentir la cadence un petit peu! (Rires) C’est sûr que, si on compare mon quotidien à celui d’une personne normale, qui travaille au bureau de 9 à 5, oui, je vis à mille à l’heure. Mais si je me compare à bon nombre de musiciens dans le milieu, je ne suis pas si pire.
Les gars de Motörhead ont la réputation d’être des travailleurs acharnés. Avez-vous grandi dans le respect du travail bien fait?
Oui. J’ai toujours été perfectionniste. Si on ne veut pas régresser, si on veut toujours rester au même niveau, on n’a pas le choix : il faut travailler. On ne peut pas tricher.
Au cours de toutes ces années, Motörhead a réussi à garder son indépendance. Y a-t-il eu des moments où vous avez senti que vous deviez redoubler d’ardeur pour ne pas la perdre?
Oui, et c’est de plus en plus difficile, année après année. C’est une industrie brutale qui ne cesse de grossir. Énormément de gens veulent devenir célèbres, peu importe les moyens. C’est difficile de toujours se tenir debout. Il ne faut toutefois pas complètement se couper de l’industrie, car parfois, on rencontre des gens intelligents desquels on peut apprendre quelque chose. Ce qui est le plus difficile, c’est de savoir qui vous veut du bien et qui vous veut du mal!
Vous devez être capable de départager ces gens assez vite, non?
Hmm, à vrai dire, pas tout le temps! Mais c’est vrai qu’après toutes ces années, on finit par développer un flair pour ce genre de choses.
Vous faites toujours confiance à votre instinct?
Oui! Toujours! À 100 %. Il m’est arrivé de me tromper, mais je n’ai jamais arrêté de croire en lui.
Vous n’avez pas de regrets, alors?
Aucun. C’est sûr qu’il y a des choses que j’aurais aimé faire autrement, mais je ne regrette rien. Du moins, pas amèrement.
Gigantour
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