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Weezer Cruise, un beau grand bateau

Le 19 janvier dernier, le Weezer Cruise a démarré du port de Miami.
Récit de cinq jours passés sur «l’autre» croisière (lire : celle qui
n’était pas italienne).

Au départ, le concept nous semblait trop éclaté pour être vrai : une croisière qui ferait le voyage de Miami à Cozumel et durant laquelle 16 groupes, choisis par les héros de l’événement, alias Weezer, joueraient concert sur concert? Mais vrai, cela l’était. Et nous n’avons pu résister bien longtemps à l’appel de la mer, car, sans vouloir faire de mauvais jeux de mots du style «eau»/«bateau», cette croisière représentait le wet dream ultime du fan d’indie rock. Se retrouver sur le même paquebot que Lou Barlow et J Mascis? Que demander de plus?

Le 19 janvier, alors que le bateau commençait à s’éloigner du port avec des centaines de fans extatiques à son bord, les boys de Weezer ont parti le bal avec un concert sur le pont principal. Tandis que la croisière se mettait en branle, Rivers Cuomo et sa bande ont balancé une série de «greatest hits» (Dope Nose, Pork and Beans, Island in the Sun…).

Entre les morceaux, le chanteur s’est montré peu loquace, insistant toutefois pour monter en haut de la glissade d’eau qui s’élevait sur le pont. Une fois redescendu, il a annoncé à la foule que ses copains et lui allaient prendre une pause et qu’ils reviendraient, probablement un peu gelés, pour nous jouer l’intégrale de l’album bleu. Chose dont ils se sont acquittés avec, cela se comprend, une certaine mollesse.

Si la promo de ce «voyage d’une vie» (c’est ce qu’annonçait le site web) était trèèès axée sur Weezer, ce sont les concerts des autres bands dont on se souviendra le plus. Voir par exemple Dinosaur Jr. jouer devant une dizaine de personnes, dont plusieurs proches du coma éthylique, c’était tout simplement magique. Lorsque le mythique trio a entamé Feel the Pain, les gens ont viré fou, et un fan fini a dû littéralement sentir la douleur, vu qu’il s’est jeté tête première en bas de la scène, dans un parterre presque vide…

Ah! Il y en a eu, des beaux moments durant ces cinq jours placés sous le signe du rock! Plusieurs d’entre eux nous furent livrés par Lou Barlow, bassiste de Dinosaur Jr. et guitariste/ bassiste de Sebadoh qui s’est mérité la palme de l’homme le plus productif sur le bateau. En plus des cinq concerts joués avec ces deux groupes, le frisé monsieur a également offert deux perfos acoustiques. Lors de la seconde, il s’est même mis à pleurer. Son explication : «Je deviens très émotif lorsque je suis en lendemain de veille.» Ça a le mérite d’être honnête.

Lors de ces tête-à-tête avec ses fans, Lou a enchaîné les confidences, parlant de ses enfants, nous présentant sa femme et se moquant des «jeunes» de Wavves, groupe de surf-punk californien qui s’est produit trois fois plutôt qu’une. Nathan Williams, le frontman un brin baveux de la formation, a été plus calme que pouvait le laisser prévoir la réputation qui le précède, mais ses potes et lui ont tout de même calé les bières à la vitesse du son. C’est donc sous influence qu’ils ont livré leurs succès dont le très évocateur So Bored.

Parmi nos coups de cœur, mentionnons les mecs délicieusement anachroniques du Yacht Rock Revue. Avec leurs pantalons à pattes d’éléphant, leurs rouflaquettes et leurs chemises à fleurs s’ouvrant sur des torses velus, ils ont interprété des vieux hits, imitant à la perfection les harmonies vocales des frères Gibb sur Nights on Broadway ou offrant un solo de saxophone démentiel lors de Forget About Everything. Oh, douce ironie! C’est d’ailleurs eux qui ont animé la soirée années 1980, lors de laquelle les passagers enthousiastes se sont déguisés façon Neige sur Beverly Hills avec complets blancs, verres fumés et tout le kit eighties.

Ouaip, ça valait la peine de s’endetter pour le reste de l’année afin de ne pas manquer ça…

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