Culture

The Grey: gare aux méchants loups

Survivre à un écrasement d’avion est déjà miraculeux. Mais ensuite, encore il faut survivre au froid, au manque d’eau et de nourriture et aux loups qui rodent et qui ont une faim… de loup. C’est ce que doivent affronter un groupe d’hommes dans le long métrage The Grey.

«Les températures étaient glaciales, confie au bout du fil le cinéaste Joe Carnahan en se remémorant le tournage en Colombie-Britannique. C’était très difficile de tourner dans ces conditions. Mais je pense que c’était nécessaire parce que le film n’aurait pas été aussi puissant si nous avions tourné dans un autre environnement.»

Et peu importe que les éléments se déchaînent, le comédien Frank Grillo voulait absolument être de la partie. Et il a dû braver plusieurs de ses craintes pour pouvoir jouer un de ces hommes qui luttent pour survivre. «J’ai peur des loups, avoue l’interprète, que l’on a pu voir dans Warrior. J’ai peur des chats. Je ne suis pas un grand fan des moustiques. Oui, j’ai peur de tout, et c’était un grand défi pour moi.»

Le récit met l’accent sur John Ottway qui n’a qu’un seul but : retrouver sa femme. Pour elle, il est prêt à tous les sacrifices. Et il la voit constamment dans ses rêves, ce qui est rendu à l’aide d’ingénieuses ellipses temporelles. «Je pense que les retours dans le temps sont importants, explique le réalisateur, qui a toujours été dans son élément en dirigeant des groupes d’hommes, comme en fait foi son travail sur Narc et Smokin’Aces. C’est le point d’ancrage du personnage principal. C’est ce qui fait en sorte que ce film sort des standards, qu’il n’est pas seulement un suspense type.»

Pour incarner cet être tourmenté, il a fait appel à Liam Neeson, qu’il avait déjà côtoyé dans The A-Team. À partir de  sa seule présence impériale, il est difficile de ne pas faire de parallèle avec le drame de l’acteur, qui a perdu sa femme en mars 2009. «Je crois que le matériel lui convenait to-talement, assure le metteur en scène. Je pense que c’est quelque chose qui l’inspirait, qu’il a vraiment pris à cœur.»

Reprenant le modèle qui a fait le succès de Deliverance et de Jaws, The Grey rappelle que le danger réside parfois davantage chez l’être humain que dans ce qui l’entoure, alors que les bêtes ne sont que des allégories des démons intérieurs. «Les loups sont mystiques, développe Joe Carnahan. C’est une métaphore de la vie elle-même, et pas nécessairement une caractérisation de véritables loups.» «Dans les fables pour enfants, le grand méchant loup, on l’imagine toujours plus grand, plus féroce et plus prédateur que ne l’est en réalité un loup, conclut Frank Grillo. Ici, c’est un peu la même chose. Il symbolise ces peurs que l’on peut se faire et qui ne représentent pas la réalité.»

Une saison pour chaque chose

Il fait froid. Il neige. La lumière vient à manquer. Dans ces conditions, est-ce qu’un film comme The Grey, où des hommes cherchent à survivre aux loups et aux conditions climatiques glaciales, n’aurait pas dû prendre l’affiche dans les chaleurs de juillet plutôt qu’en janvier? «Non, je ne crois pas, maintient son réalisateur, Joe Carnahan. Je pense que les gens sont dans le bon état pour l’expérimenter maintenant. Je pense que, si on avait attendu l’été, la sensation n’aurait pas été la même. Les spectateurs auraient été déconnectés du froid. Alors que là, l’expérience est plus forte, elle est plus viscérale.»

The Grey (Peur grise)
En salle dès vendredi

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