Culture

Un cadeau pour Lhasa

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Arthur H, Patrick Watson & The Wooden Arms, Yves Desrosiers, Marie-Jo Thério, The Barr Brothers, Jérôme Minière, Ariane Moffatt… Ils seront une panoplie d’artistes à rendre hommage à Lhasa de Sela ce week-end au Rialto. Une belle bande dont aucun ne tient à se présenter comme tête d’affiche, ni à revendiquer la paternité du spectacle La route chante.

«La vedette de ce show, c’est Lhasa elle-même», résume le musicien Philippe Brault. «Ça fait des mois qu’on échange des idées à savoir qui va chanter quoi, avec qui… explique David-Étienne Savoie, qui était gérant de Lhasa. C’est en train de prendre forme, et la magie opère. Il y a une ambiance de fraternité, un côté très communautaire au spectacle.»

Emportée trop tôt par un cancer le 1er janvier 2010, Lhasa de Sela aura touché bien des gens, autant ceux qui la connaissaient personnellement que son public, croit David-Étienne Savoie. «Ceux qui aimaient Lhasa, ils l’aimaient vraiment beaucoup, dit-il. Et on a réalisé que beaucoup de gens avaient envie de communier, de se retrouver ensemble, de prendre un moment pour penser à elle, et on a eu envie de partager ça avec le monde de Montréal, et avec elle en pensée.»

Les amis de la regrettée chanteuse interpréteront donc des pièces composées par elle, mais aussi certaines de leurs chansons auxquelles Lhasa a participé, ou tout simplement des morceaux qu’ils associent à elle pour une raison ou une autre.

«C’est comme un cadeau qu’on lui ferait, compare David-Étienne Savoie. On essaie d’imaginer le spectacle qui lui ferait plaisir, comme si c’était son anniversaire.» «Personnellement, je suis super reconnaissant de pouvoir faire partie de cet événement, ajoute Philippe Brault. Et je crois que c’est le cas de tout le monde. Lhasa, je ne l’avais rencontrée que quelques fois, mais sa musique, je la porte en moi quotidiennement. On est reconnaissants envers elle de nous avoir légué d’aussi belles chansons.»

Les deux hommes s’entendent pour dire que la délicatesse et le respect sont au cœur du spectacle. «Ce n’est pas facile, elle était très particulière dans sa façon de chanter, elle avait beaucoup de personnalité vocale, souligne David-Étienne Savoie. Ce n’est pas évident pour les gens de chanter ses chansons, que ça soit émotivement ou techniquement,  mais tout le monde est très attentif à ce que ce soit fait d’une façon respectueuse, parce que c’est d’abord un sentiment d’amitié qui nous motive.»

Et si la soirée promet d’être riche en émotions, le but des artistes n’est ni de faire un spectacle triste, ni de cacher cette tristesse qui est, naturellement, toujours présente. Selon l’ancien gérant de Lhasa, le fait de laisser la peine s’exprimer concorde bien avec la musique de la chanteuse. «En entrevue, Lhasa parlait souvent de la musique triste comme d’une façon de passer à travers la tristesse, se souvient-il. Son premier album s’appelle d’ailleurs La Llorona [la pleureuse]. Et elle parlait souvent de la musique mexicaine, gitane, qui sont tristes mais jouées avec un esprit de fête, qui donne envie de danser. Elle a toujours aimé chanter des chansons tristes avec le sourire.»

La route chante
Au Rialto

Vendredi et samedi à 20 h

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