Un nom mythique n’est pas toujours facile à porter. Lulu Gainsbourg en sait quelque chose. Né Lucien Ginsburg – le même nom de baptême que celui de Serge –, le fils du célèbre artiste et de la chanteuse Bambou dit avoir toujours senti qu’il était «attendu par le public».
Mais si bien des «fils de» tentent d’abord de se rebeller et de se distancier de leur illustre paternel, Lulu Gainsbourg a plutôt choisi d’assumer complètement sa filiation, et son premier album, From Gainsbourg to Lulu, est composé exclusivement de reprises de pièces de son père.
«Le problème, c’est que si je me disais : « Je ne ferai pas ce que mon père a fait », alors ça signifierait que je ne ferais pas de peinture, pas de poésie, pas de chanson, pas de musique, que je ne réaliserais pas, que je ne ferais pas acteur… bref, ça voudrait dire que je ne ferais rien!» lance-t-il.
Mais le fils Gainsbourg a tout de même trouvé une façon de se distinguer dans ce disque de reprises. L’album – que le jeune homme a lui-même réalisé, arrangé, et sur lequel il chante et joue aussi, seul ou en duo – présente des versions métamorphosées des Bonnie and Clyde, Mélodie Nelson, Le poinçonneur des Lilas et autres classiques. Pour y arriver, Lulu s’est d’abord entouré d’une bande de collaborateurs cinq étoiles – ses amis, Vanessa Paradis et Johnny Depp, mais aussi Scarlett Johansson, Iggy Pop, Rufus Wainwright, Matthieu Chedid, Marianne Faithfull…
«Pour rendre hommage à mon père, je trouvais que c’était important, pour moi et surtout pour lui, de faire quelque chose qui n’avait pas été fait avant, explique-t-il. Je me suis donc entouré de ces gens aux univers musicaux qui m’intéressaient, et j’ai apporté ma vision aux chansons, j’ai mélangé les styles selon la personne qui chantait… j’ai montré ce dont j’étais capable en tant qu’artiste.»
Parmi ces collaborateurs, cependant, on ne retrouve ni sa demi-sœur, Charlotte, ni Jane Birkin; personne du clan Gainsbourg, en somme. «Je ne voulais pas inclure la famille dans le processus, j’avais envie que ça soit très personnel, que ça soit à moi, explique Lulu. Ce n’était pas une histoire de famille, mais un cadeau que je voulais, moi, faire à mon père.»