Culture

Le plaisir de la provocation de Mononc' Serge

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Au bout du fil, la voix de Serge Robert, alias Mononc’ Serge, est douce et posée. Rien à voir avec la voix rauque que l’on écou­tait quelques instants plus tôt tenir des propos incisifs – et jubilatoires – sur le disque Ça, c’est d’la femme! «L’es­pèce de défoulement et d’exutoire que m’apportent ces textes provocateurs et autodéri­soires, c’est vraiment sin­cère, affirme-t-il. Ça me permet de sortir de mon quotidien un peu rangé. Je ne suis pas quelqu’un d’exu­bérant dans la vie de tous les jours, alors ça me permet des folies que je ne m’autoriserais pas autrement.» Métro s’est entre­tenu avec l’artiste.

C’est ton premier album solo depuis ta collaboration avec Anonymus, et tu as travaillé en collaboration avec le guitariste Peter Paul…
Oui, Pierre-Luc (Peter Paul) a composé la musique, et j’ai écrit les chansons à partir de ça. C’était ça un peu le concept de l’album. Je n’avais jamais fait ça dans le passé, écrire à partir de la musique de quelqu’un d’autre. D’habitude, je pars d’une phrase qui me traverse l’esprit, j’imagine un peu la musique et je brode là-dessus. Là, avec Pierre-Luc, c’était autre chose. Les musiques étaient toutes enregistrées et je devais trouver un sujet, une façon de mettre des mots là-dessus. J’ai trouvé ça assez difficile, mais je voulais délibé­rément briser mes habitudes et arriver avec quel­que cho­se que je n’avais jamais fait, créati­ve­ment. Même si ç’a été laborieux, je suis content d’avoir produit quelque chose de différent, même si ça reste du Mo­nonc’ Serge. Il faut dire que Peter Paul n’est pas trop éloigné de mon univers musical, donc ce n’est pas trop dépaysant.

Tu n’as pas abandonné ton côté irrévérencieux et provocateur. Est-ce toujours un réel plaisir de choquer ou est-ce que tu te sens obligé d’être fidèle à cette image?
En tenant ce genre de propos, je suis dans ma zone de confort. Je déconne beaucoup, mais il y a toutes sor­tes de degrés différents. Ce n’est pas parce que je me sens obligé, mais parce que je suis à l’aise là-dedans. J’ai encore du fun avec ce genre de délire, ça vient chercher en moi quelque chose de très sincère.

As-tu des tabous?
Il y a des sujets plus délicats que d’autres, ça dépend toujours s’ils  ont une trop grande gravité. Par exemple, j’ai déjà fait une chanson sur l’intimidation par le passé, mais je ne crois pas que je sortirais quelque chose comme ça dans le contexte actuel… Ça ne passerait pas. Mais généralement, il suffit de trouver un angle.

Ça, c’est d’la femme!
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