Culture

7e ciel: cette semaine on craque pour…

Cette semaine, on craque pour… Conversations avec Romy, Martin Cloutier, juge dans En route vers mon premier gala JPR, Top of the Morning, Riz Ahmed dans The Reluctant Fundamentalist, The Season, le texte de Bash et les 100 livres préférés de Frédéric Beigbeder.

Et on se désole pour… Le Voir qui devient bimensuel.

1. Conversation avec Romy
«Moi, ce que j’aime le plus de toi, papa, c’est quand maman dit non pis que toi tu dis oui après.» «Quand on mange des oreilles de crisse, c’est quel animal un crisse?» Ah! Ces irrésistibles phrases lancées avec toute l’innocence de la petite enfance. Mathieu LeBlanc a noté celles de sa fille Romy, quatre ans et demi, et partage avec nous, lecteurs ravis, les répliques savoureuses (ou naïvement assassines) de sa progéniture, qui font très souvent rire aux éclats et attendrissent du même coup. Le tout dans un album très joliment illustré par Philippe Lagarde. Avertissement : vous ne serez plus capable de lâcher le recueil avant d’avoir passé au travers. Aux éditions de la Bagnole, présentement en librairie. (Jessica Émond-Ferrat)

2. Martin Cloutier, juge dans En route vers mon premier gala JPR
La pertinence des commentaires de Martin Cloutier, un des trois juges à l’émission En route vers mon premier gala Juste pour rire, nous enchante! La moitié gauche du duo humoristique Dominic et Martin fait une méchante belle job. Ses conseils sont judicieux, constructifs et imagés. On adore la façon dont il métaphorise ses critiques aux aspirants humoristes. Un exemple : «T’es comme un joueur de tennis qui fait juste smasher. Des fois, il faut aller au filet. Faut varier.» Il est direct et se réinvente constamment dans ses interventions, ce qui enrichit les discussions entre les juges et les candidats. Pour cette cinquième saison, Martin Cloutier est accompagné de la comédienne et animatrice Mélanie Maynard et de l’auteur et metteur en scène Daniel Thibault. Sur les ondes de MAtv. (Rachelle McDuff)

3. Top of the Morning
Dans ce livre qui vogue quelque part entre le texte informatif et le potin croustillant, le journaliste du New York Times Brian Stelter lève le voile sur les coulisses de la télé matinale américaine. Et c’est laitte. Vraiment très, très laitte. Coups bas, trahisons, entreprises de salissage… et fric. Montagnes de fric. Saviez-vous que Matt Lauer, vedette chérie du Today Show, gagne 25 MILLIONS DE DOLLARS par année?!? Bref. Dans la première partie du livre, Stelter décortique comment ce charmant monsieur – qui se protège en disant «Je ne le savais pas!» – a contribué à faire destituer Ann Curry, son ancienne coanimatrice. Dans la seconde, l’auteur retrace l’histoire de Good Morning America, le concurrent du Today qui, après des années en seconde position, clanche désormais son ennemi des ondes. Un brûlot aussi terrifiant qu’instructif. En librairies. (Natalia Wysocka)
4. Riz Ahmed dans The Reluctant Fundamentalist
C’est un rôle plein de contradictions que celui de Changez, le personnage principal du dernier film de Mira Nair, The Reluctant Fundamentalist. Pakistanais ayant réussi son rêve américain, il est assailli de sentiments conflictuels quand surviennent les événements du 11 septembre 2001. Un personnage fort bien construit à l’humour sarcastique, qui s’éloigne des clichés auxquels on est habitués et que Riz Ahmed campe avec conviction, énergie et nuances. Voyez la bande-annonce de The Reluctant Fundamentalist, présentement en salle. (Jessica Émond-Ferrat)
5. The Season
C’est au lancement de l’album qui en a été tiré qu’on a découvert, mercredi au Cabaret du Mile-End, The Season, comédie musicale un peu disjonctée imaginée par le Montréalais Socalled dans le cadre du festival Pop Montréal de 2011. Artiste inclassable qui allie généralement hip-hop et klezmer, Josh Dolgin, alias Socalled, était tout désigné pour créer l’univers musical qui accompagnerait cette histoire de rencontre entre des animaux de la forêt et de petits extraterrestres en fourrure rouge. Interprétées par Katie Moore, le rappeur the Narcysist, Joe Cobden et Ly Richy, les chansons nous emportent dans un univers fantasmagorique et réjouissant Socalled a glissé sa touche bien particulière. Présentement en magasin. (Jessica Émond-Ferrat)
6. Le texte de Bash
On est bien contents que la pièce Bash, de l’Américain Neil LaBute, ait été traduite par le comédien et metteur en scène Vincent Côté (photo). Ça nous permet de découvrir à Montréal un texte fascinant et poignant. Il s’agit de quatre monologues de jeunes adultes mormons. Leur point commun? Les personnages sont remplis d’une violence inouïe qui les a incités à faire des gestes odieux. Malgré que les dénouements de ces témoignages fictifs soient prévisibles, ces derniers sont d’une grande force. Peut-être est-ce justement parce que leurs histoires semblent mener tout naturellement à la tragédie? On est encore perturbés par le dernier tableau, qui met en scène un petit couple parfait, du moins en apparence… Fait intéressant : les personnages ne se présentent pas aux spectateurs sur une scène; ce sont plutôt les spectateurs qui doivent se déplacer pour aller à leur rencontre, dans trois lieux différents. C’est nous qui entrons dans leur univers. À l’hôtel Zéro 1 jusqu’au 17 juin. (Roxane Léouzon)
7. Les 100 livres préférés de Frédéric Beigbeder
Des palmarès de livres qu’il faut absolument avoir lus avant de mourir, il en est déjà paru des tonnes, mais Beigbeder voulait LE SIEN. C’est avec sérieux et humour que l’auteur de 99 francs et d’Un roman français nous offre Mes 100 livres préférés à lire sur papier avant qu’il ne soit trop tard. Exit Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, Ulysse de James Joyce ou 1984 de George Orwell! Il fait plutôt place à La ferme africaine de Karen Blixen, à Solde de Bernard Frank et aux Bienveillantes de Jonathan Littell. Ses critères? Il accorde, entre autres, des points supplémentaires pour la manière de s’habiller de l’auteur ou pour les citations qui produisent un effet sur les femmes! Un livre rigolo et instructif. Aux éditions Grasset, disponible en librairie. (Rachelle McDuff)

MÉTRO EN ENFER

Le Voir qui devient bimensuel
Si vous lisez ce journal, vous savez que la disparition du papier nous touche beaucoup.  Vous imaginez donc la tristesse qu’on a ressentie lorsque mercredi, l’hebdo-institution a annoncé de grands changements. Oui, le Voir qui fait un «virage numérique», c’est chouette. Mais le Voir qui devient bimensuel, c’est triste. Parce que c’est seulement une semaine sur deux. Parce que les jeudis, du moins deux  d’entre eux par mois, ne seront plus pareils.  Retrouver les photos de Jocelyn Michel, les critiques cinéma de Manon Dumais, les chroniques, les éditos, la page de critiques d’albums, sur une feuille réelle chaque semaine, tsé, c’est comme voir des amis. Hé, salut. On nous dit que c’est la voie de l’avenir. Mais c’est quand même un petit choc massif. Parce que ce n’est pas comme s’il pleuvait des articles sur les artistes indie dans les grands médias par les temps qui courent. Donc, chouette pour l’adaptation.  Vraiment triste pour ces deux autres jeudis du mois.
(Natalia Wysocka)

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