C’est en direct de la gare de Londres, «une gare particulièrement magnifique» où elle «s’apprête à monter dans un train», que Chrysta Bell nous parle. Et de quoi nous parle-t-elle exactement? De This Train, son premier album solo, qu’elle viendra présenter demain à Montréal. «C’est tellement parfait! Tellement poétique! Quelle belle coïncidence!» s’exclame-t-elle.
Avec sa voix ensorcelante, sa présence magnétique, son aura quasi surnaturelle, Chrysta Bell semble provenir d’un univers parallèle. David Lynch, qui l’a prise sous son aile, l’a même qualifiée de «plus belle de toutes les extraterrestres».
On le sait, le renommé cinéaste américain sait dénicher les personnages les plus étranges, les artistes les plus stupéfiants. Et sa décision de collaborer avec l’auteure-compositrice-interprète originaire du Texas le prouve une nouvelle fois.
Le premier album né de leur amitié, This Train, se compose d’ambiances sombres, denses, fantomatiques. Et il a pris des années à voir le jour. Mais ce n’est pas grave, dit Chrysta. Le temps n’est rien. «Je suis une personne très patiente.»
Remarquée, entre autres, pour la grande sensualité qu’elle dégage sur scène, la jeune femme souligne que cette qualité n’en est pas forcément une. Cette façon de se mouvoir, de s’exprimer, de communiquer… c’est simplement elle. «J’ai été conçue ainsi, dit-elle. C’est en exécutant ces gestes que je me sens le plus à l’aise. Je ne pourrais chanter autrement qu’en bougeant mes bras, mes épaules, mon corps… Ce procédé, qui peut être perçu par certains comme étant sensuel, est en fait, pour moi, banalement fonctionnel.»
Pour sa prestation au Jazz, Chrysta promet d’entraîner ses auditeurs dans un voyage de sens, de sensations. «Au quotidien, on traverse diverses émotions sans arrêt. On ne se sent pas exclusivement heureux, ou exclusivement sexy, ou exclusivement méditatif. Nos états d’âme changent sans cesse. Et c’est ce que je tente d’encapsuler dans un concert : ces variations perpétuelles de notre être. Je prends plaisir à faire suivre une chanson au tranchant érotique d’une pièce plus contemplative, puis d’une autre plus lourde, et ainsi de suite. L’important, c’est que tout coule, que tout s’enchaîne.»
Dans cette optique, This Train, un disque qui se métamorphose au fil des morceaux – «comme la vie», dit Chrysta – nous fait voyager du clair à l’obscur, du malaise à la félicité. Et si, la plupart du temps, on nage en eaux troubles, des pièces comme Angel Star ou Down by Babylon, plus atmosphériques, plus éthérées, nous font remonter vers la lumière. Sans compter la surprise finale, The Truth Is, placée en conclusion d’album, qui donne dans une électro pop des années 1980. «The Truth Is, c’est une des dernières compositions que nous avons bouclées, dit la chanteuse à la voix féérique. C’était une chanson qui sortait de nulle part et qui nous permettait de terminer cette épopée sur une note plus légère. C’était très important, à la fois pour David et pour moi, de conclure sur une touche plus joyeuse… Après tout, le parcours est extrêmement intense.»
Alors, prêts pour le voyage?
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Chrysta Bell
Au Club Soda
Vendredi à 23 h
