Pourtant prometteur, Le music-hall de la Baronne, spectacle d’ouverture de Montréal complètement cirque, n’a pas réussi à conquérir la foule mercredi soir à l’Olympia.
Le talent des artistes du Cirque Éloize n’est plus à prouver. Encore une fois, hier, on a pu en être témoin grâce, notamment, au superbe numéro de jonglerie de Rony Gómez, ou celui de la fantastique acrobate Katerina Reponnen, qui réussit des exploits d’équilibre (on ne vous vendra pas le punch du numéro). Bref, ils sont forts, ces artistes, tout comme l’étaient les musiciens live qui assuraient l’ambiance musicale.
Et pour rendre à César ce qui appartient à César, la scénographie de Denis Bouchard était ingénieuse et l’idée du music-hall était bonne, la salle étant plongée dès l’arrivée des convives dans une ambiance feutrée, rétro, sexy, les tables rondes étant installées tout autour de la scène.
Mais au moment même où le spectacle a commencé, le malaise s’est installé. Les comédiens avaient beau se donner corps et âme pour animer ce cabaret et faire le lien entre les numéros, malheureusement, on avait bien souvent une impression de remplissage de temps.
Les acteurs (la Baronne Catherine Pinard, sa «nièce» Geneviève Beaudet, le maître de cérémonie Renaud Paradis), qui faisaient aussi office de chanteurs (ce qu’ils faisaient franchement très bien, d’ailleurs), ne réussissaient pas à susciter l’enthousiasme de la foule entre les numéros de cirque, et leurs interventions, conçues par Rémy Girard et Denis Bouchard, allaient du moyennement cocasse au carrément malaisant. Le numéro au retour de l’entracte, où la Baronne est déguisée en dresseuse de lions, semblait ainsi s’éterniser et s’est terminé sur une litanie de mots d’église débitée par un de leurs comparses. Est-ce que c’est encore censé être drôle?
C’est dommage, parce que ces blagues sans punch et ces sketches qui devaient créer une cohésion entre les numéros finissaient simplement par alourdir l’ensemble et faire en sorte qu’on ne pensait qu’à une chose : «Est-ce qu’ils vont finir par couper le blabla, qu’on voit enfin du cirque?»
