- Vendredi 18 octobre
The Sounds @ Théâtre Corona
On a tous un petit côté quétaine. Quelque chose qu’on aime en secret. Quelque chose qu’on voudrait qui reste ainsi, caché, à l’abri des regards indiscrets.
Selon Wikipédia, le terme «quétaine» s’applique à une personne, à un concept ou même à une situation qui, de façon générale, sont considérés comme risibles, dépassés ou dépourvus de goût ou de classe.
Pour certains, c’est le Kraft Dinner avec des saucisses à hot-dog tranchées en rondelles. Ça leur rappelle leur enfance. Pour d’autres, ce sont les murs en tapis et les bibelots de chats en porcelaine. Dans mon cas, mon côté quétaine se révèle par de la grosse musique pop de jeune fille. Celle que tu cries, les bras dans les airs, en te disant : «Fuck l’école demain!» Celle où tu te remémores ton premier chum/blonde en versant une larme. J’ai 32 ans.
Je l’ai déjà dit dans cette chronique, The Sounds est une caricature de ce groupe de jeune fille. Pourtant, je suis un grand fan. Hymnes pop mielleux et ballades sensibles. Le groupe mené de main de maître par la chanteuse Maja Ivarsson possède cette capacité de créer de puissants hits pop simples et efficaces. Ça ne dit pas grand-chose, c’est facile d’accès, facile d’écoute, parfois dansant, mais toujours grandiose.
Mes amis ne comprennent pas. J’écoute en ce moment même le plus récent album du groupe. La chanson Dance with the Devil sur Something to Die For : «When we dance we want the music loud, We give heaven and hell. You know it’s the only way for you. Let your senses guide you through.» Sans trop savoir de quoi il s’agit, mon collègue de bureau, Matt, me regarde avec dégoût depuis trois minutes : «Quelle mauvaise chanson, man.» T’as rien compris, Matt.
Le groupe formé en 1999 en Suède a quatre albums à son actif. Le cinquième, intitulé Weekend, est prévu fin 2013. Bien que la popularité de The Sounds ait pâli depuis Dying to Say This to You en 2006, le groupe reste une des puissances pop de Suède. Croyez-moi, même si c’est un peu simplet, c’est si facile de se laisser emporter. Rendez-vous avec mes petites amies adolescentes sur le plancher de danse du Théâtre Corona ce soir.
2490, rue Notre-Dame Ouest
