Depuis un peu plus d’un an, Unité 9 rallie les téléspectateurs devant la vie et les drames d’un groupe de femmes particulièrement marquant.
Un huis clos captivant de par sa nature et son propos. Un changement de décor qui éloigne enfin notre télé de la métropole et de ses enjeux interchangeables.
Par contre, la forme même du téléroman ampute de plus en plus l’expérience et le Québec découvre, depuis plusieurs semaines déjà, les limites d’une longue saison télévisuelle.
Contrairement au format plus cintré de la série dramatique, le téléroman se caractérise par un déploiement lent. Très lent même. Pourtant, on aimait les balbutiements de la série qui empruntait beaucoup au code et à l’esthétique d’un format plus court, plus punché.
Mais la réalité du téléroman s’est installée et les intrigues se sont diluées. Puis, elles se sont diluées encore davantage avant d’atteindre, au cours de la deuxième saison, un point mort. Un lac tranquille et de l’eau stagnante.
On se demande maintenant à quel point l’envie de poursuivre le visionnement existe.
Parce que l’habitude télévisuelle est implantée. On aime Jeanne la rebelle, les dialogues et les doses vivifiantes de Mariloup Wolfe et de Paul Doucet. Le groupuscule initial de l’Unité 9 avait son charme qui a séduit très rapidement plus d’un million de téléspectateurs chaque semaine.
Il est triste de voir que les effets pervers du succès ne se sont pas fait attendre. Les personnages se sont multipliés, tout comme les unités, les lieux de tournages, la surenchère dramatique, etc. Le petit groupe est devenu grand et le temps d’exposition de tout ce beau monde s’est vu réduit par la force des choses.
Les mêmes intrigues, qui déboulaient à un rythme militaire lors de la première moitié de la première saison, sont maintenant étirées au maximum et ponctuées de sous-intrigues plus ou moins relevées.
On s’y perd et en même temps, chaque épisode ressemble sensiblement à son prédécesseur et à celui qui suivra.
On peut sauter une semaine ou visionner en faisant la vaisselle, que, malgré tout, le sentiment de manquer quelque chose n’y est pas.
Pour le bien de l’Unité 9, on aimerait bien qu’elle se referme un peu plus sur elle-même et adopte la retenue et les contraintes que le propre de son univers sous-entend.
À l’image d’une prison contraignante, nous aimerions revoir une série plus restreinte.
