Cette semaine, on craque pour… La sortie en salle de Kill Your Darlings, Le balcon, Kill the Hook de Random Recipe, les actrices de Byzantium, Films cotés A pour la représentation des femmes, New York Confidential et les clins d’œil à Monsters inc. dans Monsters University.
Avec ce premier long métrage, John Krokidas revient sur la naissance de la Beat Generation, celle qui fut marquée par la tragédie, celle qui fait encore rêver. On y assiste donc à la rencontre, en 1943, de Jack Kerouac, Allen Ginsberg, William Burroughs et Lucien Carr. Carr, être complexe et torturé, commettra l’irréparable. Ce biopic du classique «passage à l’âge adulte» possède de nombreux ingrédients : drame, sensualité, un peu de douce naïveté, un décor austère de campus, des costumes aux tons brun-marine… Et de bons acteurs. Michael C. Hall, en amant-prédateur-rejeté, et Daniel Radcliffe, en poète, convainquent. On regrettera certes la bande-son, efficace, oui, et terriblement anachronique : Bloc Party remixé par M83, Don’t Look Back into the Sun des Libertines… Mais sinon, impossible de ne pas sentir un doux frisson de révolte et de liberté quand les garçons foutent le trouble dans la bibliothèque de l’université, quand la machine à écrire fait entendre un puissant et incessant «taca-taca-taca-taca-ta» sous les doigts de Ginsberg, ou encore quand la soif de création du groupe explose. Un peu romantique, quand même. (Natalia Wysocka)
Marie-Thérèse Fortin est une comédienne formidable. Qu’elle soit la ménagère Germaine Lauzon des Belles-sœurs, la gentille oncologue de Mémoires vives ou la sulfureuse Madame Irma du Balcon de Jean Genet, au TNM jusqu’au 30 novembre, on croirait toujours que les rôles ont été écrits sur mesure pour elle. Ce sont donc d’heureuses retrouvailles pour l’actrice avec René-Richard Cyr, avec qui elle travaillait déjà sur Belles-sœurs et qui met en scène les différentes chambres réalisatrices de fantasmes de la maison close du Balcon, que Madame Irma maintient ouverte malgré une révolution imminente. Une pièce sur l’imposture et les faux-semblants que portent avec aplomb des comédiens formidables, dont Macha Limonchik, Éric Bernier, Bernard Fortin et Julie Le Breton. (Jessica Émond-Ferrat)
Les fans de Random Recipe ne pourront pas être déçus de ce deuxième album de la formation sorti au mois d’octobre. Toujours la même recette : deux voix à l’opposé mais complémentaires. La première, rythmée et musclée, nous offre les passages de rap/beatbox, et l’autre, chaude et envoûtante, nous rappelle par moments les douces sonorités de la chanteuse Dido. Ensemble, ils forment ce mélange improbable et savoureux qui ne peut nous empêcher d’être à la fois charmé et entraîné par la cadence, en alternant entre un style et l’autre sans nous lasser. Mais ils en ont fait du chemin depuis leur premier single qui les a fait connaître en 2010, Shipwreck. Leur dernier opus nous offre un travail parfois plus osé, parfois plus américanisé, mais toujours aussi bien peaufiné. Leur style pop ne nous sert que le meilleur de leurs deux univers dans un agencement naturel. Pour les curieux ou les inconditionnels, le groupe sera en spectacle le 22 novembre à la SAT. (Laurence Houde-Roy)
Ce nouveau film de vampires signé Neil Jordan (Interview with the Vampire) est passé un peu inaperçu, passant l’étape du grand écran pour atterrir directement sur DVD. Ce qui, en règle générale, n’augure rien de bon; mais pourtant, Byzantium vaut certainement qu’on y jette un œil. D’abord pour ses deux excellentes comédiennes principales, la vulnérable Saoirse Ronan – Atonement, The Host – et la vibrante et contradictoire Gemma Arterton (photo). Mais aussi, – malgré un scénario parfois un peu trop touffu – parce qu’on demeure fasciné par l’esthétique élégante et par l’approche originale de la légende des vampires, qui finit par devenir une espèce d’allégorie du féminisme. (Jessica Émond-Ferrat)
Cette semaine on apprenait qu’une chaîne de télévision et quatre cinémas suédois afficheront dorénavant la cote A quand un film passe le test Bechdel, pour encourager une plus grande présence des femmes au grand écran. Pour la petite histoire, ce test a été imaginé par la bédéiste Alison Bechdel en 1985. Pour qu’un film le réussisse, il doit correspondre à trois critères : y a-t-il deux personnages féminins dans le film? Qui se parlent? À propos d’autre chose que d’un homme?… Simple, non? Et pourtant, seulement 53 % des films qui ont été étudiés passent les trois critères. Parmi les blockbusters hollywoodiens et les films nommés aux Oscars, la moyenne n’est guère plus encourageante, année après année. On espère que d’autres pays emboîteront le pas à la Suède, pour plus d’égalité homme-femme au cinéma et des rôles féminins plus complets et plus diversifiés. (Josie Desmarais)
On pense tout connaître de la Grosse Pomme, ses lieux incontournables… et ses quartiers à éviter. En cinq documentaires rythmés, denses et lumineux, New York Confidential (disponibles sur Tou.tv) nous fait découvrir des lieux secrets, des quartiers dans les quartiers (Bowery, Red Hook, Meatpacking District…) où passé et présent cohabitent, où les habitants vantent leur fierté. Histoire (les tenements du Lower East Side – où vivaient les familles immigrées –, la maison de Louis Amstrong à Queens), arts de vivre (littérature hip hop dans le Bronx, camion-potager à Brooklyn), architecture (l’ancienne voie ferrée High Line devenue un parc à Manhattan), gastronomie (cuisine soul de Harlem)… Chaque épisode montre un visage positif et inspirant d’une New York multiculturelle, créative et en perpétuelle mutation. (Baptiste Barbe)
Contrairement aux suites à Toy Story, l’antépisode à Monsters Inc, présentement en DVD, n’arrive pas à surpasser le premier volet. Mais s’il n’est pas aussi délicieux que son prédécesseur, ce récit de la rencontre entre Mike et Sully (Billy Crystal et John Goodman, qu’on prend plaisir à retrouver) est tout de même parsemé de clins d’œil rigolos au premier opus, on voit notamment Randall (Steve Buscemi) avant qu’il ne devienne le «méchant» de Monsters Inc. À voir principalement pour… se donner envie de revoir le premier film! (Jessica Émond-Ferrat)
On se désole pour…
Faites le test sur Google, c’est presque infaillible : lorsqu’on tape le mot «recette de…», c’est Ricardo qui se retrouve en haut de page. À tout coup, Ricardo l’emporte. Oui, Ricardo il est génial. Il a toujours une super réponse à ce questionnement continuel – et existentiel – de «qu’est-ce que je vais manger?». Ce qui dérange, c’est que Google, qui n’en a que pour ceux qui génèrent des milliers de clics, est en train de menacer la diversité culinaire du Québec! Mais voilà que Josée Di Stasio contre-attaque, avec son nouveau livre, Carnet Rouge. Qui sait, si elle s’active sur son site Web, peut-être qu’on trouvera une diversité d’idées dans un monde culinaire trop homogène… Go Josée! (Daphnée Hacker-B.)
