Hier soir, c’était la grande fête de l’humour au Québec. Le gala Les Olivier a couronné Sugar Sammy et André Sauvé, entre autres, avec un François Morency en plein contrôle à la barre de l’opération. Formule typique avec ses bons et ses mauvais moments.
Bref, c’était un autre gala.
Après toutes les coupures récentes en télévision, permettez-moi de soulever une question délicate: est-ce que ces galas, dans leur forme actuelle, sont nécessaires?
Je m’explique.
Je n’ai rien en particulier contre les Olivier et, surtout, rien à redire sur le travail des humoristes. Ils méritent cette heure de gloire une fois par année et cette grande fête. Ce n’est pas tant l’esprit que la forme qui m’agace.
Parce que c’est long comme gala, terriblement long.
Comme on célèbre l’humour, on sent l’énorme pression de faire rire lors de tous les segments et à la longue, c’est lourd. On se demande d’ailleurs pourquoi le tout n’est pas revampé dans une formule rapido-presto d’une heure. On donne une douzaine de prix en près de trois heures, c’est éternel en 2014.
Morency, dans son numéro d’ouverture, soulignait à la blague que les vidéos de chats allaient renverser l’humour à long terme. Sauf qu’il négligeait un détail important: ce n’est pas tant le contenu qui fait des vagues, mais son contenant. L’internet est bref, expéditif et éphémère. Trois heures, au royaume des Vines de six secondes, c’est demander aux gens de revivre l’histoire de l’humanité en diapositives dans un auditorium mal chauffé.
Laborieux.
La critique s’applique aux autres galas aussi. On doit vivre avec les économies de fonds de tiroirs du gouvernement Harper, ne devrait-on pas couper dans le gras plutôt que dans le muscle? Deux heures de gala à gauche et à droite, ça serait déjà un bon début à mon humble avis.
Je vous épargne alors la critique individuelle des numéros. J’irais à l’essentiel: il y en avait trop.
De plus, on sentait une étrange tension entre la relève et les vétérans de l’humour. Les plus jeunes, de plus en plus nombreux, poussent très fort pour se faire une niche et les places de choix semblent rares par les temps qui courent. Il y aura un changement de garde plus tôt que tard, hier en était un bon aperçu.
La relève est là, prête, avec ses dents longues et de l’ambition à revendre. On pourrait faire un deux en un: un gala d’une heure trente animé par les plus jeunes. Je serais cloué sur mon divan devant une Virginie Fortin à l’animation qui roule des yeux devant Guy Nantel et la vieille garde, par exemple.
Appelons ça la nuit des longs couteaux.
Une autre chose, Messmer c’est non, lors des Olivier. Pas un humoriste, surtout pas de l’humour et jamais drôle. Absolument jamais, même.
Sur ce, félicitations aux gagnants et à l’an prochain.
