Toutes nos envies: que du ressenti
Avec sa touche, Philippe Lioret adapte très librement Toutes nos envies, d’Emmanuel Carrère. «C’est un film que j’ai fait en ne pensant qu’au ressenti du spectateur, commence par expliquer Philippe Lioret. Un film que j’avais envie de voir. Un film qui parle de vous, de moi, de la façon dont on réagit face à des situations exceptionnelles. Je n’ai été guidé que par ça, pas du tout par l’analyse.»
Le cinéaste français, qui nous avait offert les bouleversants Je vais bien, ne t’en fais pas et Welcome, confie que son nouveau-né est l’œuvre la plus proche de sa personne qu’il ait jamais réalisée. D’ailleurs, comme il le dit si bien lui-même, le propos du récit se trouve davantage dans les sensations. Il demande même qu’on en parle de cette façon, plus qu’en expliquant ce dont il est question. Et il est vrai que trop décortiquer ce récit lui fait perdre de sa subtilité.
Dans Toutes nos envies, on retrouve la très émouvante Marie Gillain dans le rôle d’une juge, épouse et mère qui apprend une nouvelle qui bouleverse sa vie. On y retrouve aussi le toujours excellent Vincent Lindon, dans la peau de l’homme qui lui tiendra la main pendant ces moments éprouvants. «Après des projections d’avant-première [de Toutes nos envies], je rentrais dans la salle, les lumières se rallumaient et personne ne bougeait, confie Lioret. J’ai vu des salles de 400 personnes, immobiles, se regarder. On avait l’impression de parler la même langue, de venir de la même rue. C’est une sensation que je n’ai jamais eue et j’adore ça!»
Avis aux inconditionnels de Lioret : pour son prochain film, le cinéaste planifie un petit saut… en Alberta. «Ça va se passer dans les Rocheuses, avec les ours et tout le bazar!» confie-t-il. À suivre de près.
Toutes nos envies
En salle dès vendredi